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En 2001, la croissance économique a sérieusement
décru, certains pays étant même entrés
en récession.
La conjoncture économique
Michel BERNE
En France, la situation est restée plutôt
meilleure qu'ailleurs dans toute la première partie de l'année
: le chômage a continué d'abord sa descente, mais la
courbe a commencé à remonter et en fin d'année
on table sur un taux à nouveau au-dessus de 9 %, soit 2,4
millions de chômeurs. Malgré tout, la relative bonne
tenue de l'emploi pendant la plus grande partie de 2001 explique
celle de la consommation. Les autres indicateurs économiques
se sont également franchement dégradés au second
semestre, plombés par la gravité de la situation internationale.
La croissance de l'économie française en fin d'année
est devenue pratiquement nulle.
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Les
équilibres de la France en 2001 (%)
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Aux Etats-Unis, du fait de chute des cours
de bourse, " l'effet de richesse " s'est dissipé
et les tragiques événements de septembre ont
plongé le pays dans l'angoisse et l'expectative. Il
semble qu'on puisse envisager un retournement du cycle en
2002. Ailleurs, la situation n'est guère brillante,
qu'il s'agisse du Japon, englué dans une crise longue
dont on ne voit pas la sortie, du Moyen-Orient touché
par la guerre et les prix bas du pétrole ou de l'Amérique
latine où l'Argentine connaît un épisode
particulièrement difficile en fin d'année 2001.
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| Croissance
du PIB |
2,1
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| Investissements
des entreprises |
3,7
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| Consommation
des ménages |
2,8
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| Prix
à la consommation (glissement) |
1,4
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| Taux
de chômage (fin d'année) |
9
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| Source
: INSEE |
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La Chine est le seul grand pays à afficher
une éclatante bonne santé, portée par
une demande intérieure forte et dopée par son
entrée en décembre dans l'OMC.
Au total donc, 2001 est une année médiocre
sur le plan économique et 2002 semble devoir être
une période de très faible croissance même
si les experts diffèrent sur le moment où surviendra
le retournement de tendance (2ème semestre 2002 ou
1er semestre 2003).
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La
croissance dans le monde en 2001 (%)
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| Monde
|
2,4
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| France |
2
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| Union
européenne |
1,7
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| USA |
1,1
|
| Japon |
-0,9
|
| Pays
en développement |
4
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| Source
: FMI |
Ce constat et ces perpectives ont pesé très
lourd dans les analyses faites par les acteurs des technologies
de l'information et de la consommation : comme la demande est déprimée
(elle a baissé de moitié entre juin 2000 et septembre
2001 aux Etats-Unis pour les équipements en technologies
de l'information, selon le Department of Commerce) et qu'il faut
attendre relativement longtemps une nouvelle phase haussière
du cycle économique, mieux vaut se concentrer, en temps de
crise, sur les activités rentables à court terme et
couper dans les branches mortes et les projets à plus long
terme.

Fin
brutale des illusions
Naturellement, chaque année les rédacteurs
de cet ouvrage cherchent à montrer combien la période
traitée diffère des précédentes et 2001
ne fait pas exception à la règle. Mais cette année
semble marquer un vrai tournant dans la façon dont on pense
et on pratique le développement des technologies de l'information
et de la communication.
Depuis une dizaine d'années flottait comme
un parfum de millénarisme optimiste sur le monde. Le troisième
millénaire verrait la fin de l'histoire, prédite par
Fukuyama dès la chute du Mur de Berlin, le triomphe de la
démocratie et de l'économie de marché. Les
nouvelles technologies de l'information et de la communication joueraient
un rôle puissant de transformation sociale et économique
grâce à Internet et leur usage exploserait grâce
l'introduction massive de la concurrence. Bref, la " nouvelle
économie " balaierait l'ancienne et des jours meilleurs
nous attendraient. Tout ceci peut être résumé
à l'aide des slogans successifs de France Télécom
: " Nous allons vous faire aimer l'an 2000 ", suivi de
" Bienvenue dans la vie.com ".
On constate à la fin de 2001 une fin brutale
de ces illusions, après une période où on a
cru en un " atterrissage en douceur ". Le monde n'est
pas devenu meilleur, comme le montrent tragiquement les attentats
terroristes du 11 septembre. On a même pu dire que Ben Laden
était l'archétype du " méchant "
hollywoodien, dont les origines remontent loin. Dans les TIC, Internet
apparaît maintenant comme limité, incapable d'amener
tous les changements promis. Dans les télécommunications,
la concurrence exhibe toutes ses " imperfections " et
les marchés arrivent à la saturation.
Alors on considère que, même dans de
nouveaux plats, ce sont les vieilles recettes qui marchent le mieux.
Finis les nouveaux modèles économiques, les nouvelles
méthodes d'évaluation des entreprises. Les business
angels envoient au diable les start-ups qu'ils avaient financées.
Les entreprises tentent des manuvres radicales pour restaurer
leur profitabilité : licenciements massifs, ventes d'actifs.
Même les programmes télévisuels trahissent ce
retour aux sources. Il n'est que de voir l'évolution des
jeux qui font un appel sans équivoque aux ressorts les plus
basiques de l'être humain, manipulation, voyeurisme et méchanceté
compris.
Bref, on tire un trait - provisoirement et avec
beaucoup d'exagération sans doute - sur bien des acquis précédents.
Restent la marche en avant, quasiment autonome, de la technologie
et l'écart qui ne cesse de se creuser entre riches et pauvres.
Michel
BERNE
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