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Les pays de l'Europe Centrale et de l'Est présentent
un paysage des télécommunications extrêmement
contrasté, composé à la fois :
- de pays en phase de " rattrapage accéléré
" tels l'Estonie, la Hongrie, la République tchèque,
la Slovénie, la Pologne et la Slovaquie ;
- de pays qui ont engagé leur processus de modernisation
et de libéralisation des télécommunications
mais qui peinent à le mettre en uvre : la Roumanie,
la Bulgarie, la Lituanie et la Lettonie ;
- de pays, enfin, qui, hormis un timide démarrage de la téléphonie
mobile, semblent " faire du sur place " depuis la fin
de l'ère communiste. C'est le cas de l'Ukraine, de la Biélorussie,
de la Moldavie, de l'Albanie, de la plupart des Républiques
de l'ex-Yougoslavie et de la Russie - les régions de Moscou
et de Saint- Petersbourg exceptées.
L'Europe de l'Est 
Gérard PETIT
Les tendances lourdes qui ont marqué l'année 2001
dans la plupart de ces pays sont au nombre de trois :
- le poids de la " contrainte extérieure " - désaffection
des marchés financiers pour les valeurs technologiques et
difficultés de certains partenaires stratégiques occidentaux
traditionnellement actifs à l'Est; détérioration
des taux de change qui est venue alourdir le service de la dette
- qui est venu freiner le mouvement de privatisations;
- l'envolée du secteur des mobiles avec, pour conséquences,
la perte d'attrait des opérateurs filaires tant traditionnels
qu'alternatifs pour les investisseurs ;
- la poursuite des programmes de libéralisation dans tous
les pays en marche vers leur intégration à l'Union
européenne.
Dans ce contexte, quelques grands opérateurs européens
continuent à " creuser leur sillon " et à
renforcer leur présence en Europe Centrale et de l'Est :
c'est, en particulier, le cas de Deutsche Telecom et de France Telecom,
mais aussi, à une échelle plus modeste, des opérateurs
nordiques TDC - ex TeleDanmark - et Telenor.
Le parcours accompli en 10 ans par les pays les plus avancés
d'Europe Centrale et de l'Est a conduit à un développement
de l'offre de services et des usages qui les situe aujourd'hui à
un niveau quasi équivalent à celui des pays d'Europe
de l'Ouest, avec des taux de pénétration de l'ordre
de 40 à 50 % pour la téléphonie fixe, de 50
à 65% pour la téléphonie mobile, de 15 à
20 % pour l'Internet ainsi que des taux de digitalisation du réseau
de 85 à 100 %. C'est le cas pour l'Estonie, la République
Tchèque, la Hongrie et la Slovénie alors que la Pologne
et la Slovaquie sont un peu en retrait, affichant des taux de pénétration
de l'ordre de 30 % pour le filaire et pour le mobile et de 8 à
12 % pour l'Internet.
Tous ces pays, à l'exception de la Slovénie, ont
largement tiré parti des effets de levier liés à
l'introduction de grands investisseurs stratégiques dans
le capital de leur opérateur national. Ce fut le cas, dès
le milieu des années 90, pour la Hongrie avec l'entrée
de Deutsche Telecom au capital de Matav, pour la République
tchèque avec la venue du Néerlandais KPN et de Swisscom
au travers du consortium Telsource et de l'Estonie avec les prises
de participation du Suédois Telia et du Finlandais Sonera
dans le capital de Eesti Telekom. La Pologne et la Slovaquie ont
attendu juillet 2000 pour ouvrir le capital de leurs opérateurs
dominants - TPSA et Slovak Telecom - respectivement à France
Telecom et à Deutsche Telecom. De la même manière,
tous ces pays ont su associer, dès le départ, les
grands opérateurs européens et/ou nord américains
au lancement de leurs opérateurs de téléphonie
mobile.
La structure des revenus des opérateurs de ces pays tend
à se rapprocher de celle des opérateurs occidentaux,
avec un poids croissant des revenus des mobiles et des activités
de données ; les débats qui animent l'univers des
télécommunications dans des pays tels la Hongrie ou
la République tchèque sont ceux qui ont eu cours en
France dans les 24 derniers mois, à savoir, ceux sur les
conditions de l'accès des nouveaux entrants sur la boucle
locale, sur la portabilité des numéros et sur la sélection
de l'opérateur par l'appelant ou encore, sur les modalités
d'attribution des licences UMTS.
Par différence, un grand nombre de pays ont peine à
décoller. C'est notamment le cas de la Roumanie et de la
Bulgarie, deux pays importants, candidats de la " deuxième
vague " pour l'intégration à l'Union européenne.
Ces pays qui se sont engagés à libéraliser
leurs télécommuni-cations pour 2003, affichent des
taux de pénétration modestes tant pour les lignes
fixes (16,7 % pour la Roumanie, fin 2001) que pour la téléphonie
mobile (12 % pour la Bulgarie et 15 % pour la Roumanie), avec des
taux de numérisation du réseau qui peuvent être
très bas (18,6 % pour la Bulgarie, fin 2001). Ces pays ont
aussi en commun de n'avoir pas réussi à attirer d'investisseurs
stratégiques majeurs : la Bulgarie a échoué,
en août 2000, dans une première tentative d'ouverture
du capital de son opérateur national BTC et le gouvernement
vient d'annoncer son intention de le privatiser d'ici à fin
2002. La Roumanie, quant à elle, a choisi en 1998, dans des
conditions très controversées, d'adosser Romtelecom
à l'opérateur grec OTE. L'effet de cette collaboration
a été surtout sensible, jusque là, au niveau
de la modernisation de l'infrastructure de réseau.
Parmi les pays qui peinent à se départir de leur
position de " sur place ", l'Ukraine constitue une bonne
illustration, avec des taux de pénétration de 3,5
% pour les mobiles et de 15,5 % pour la téléphonie
fixe. Début 2001, le gouvernement, contraint de réduire
le déficit budgétaire de l'Etat sur l'injonction du
Fonds Monétaire International, annonçait la mise sur
le marché de 37 % du capital de l'opérateur national
Ukrtelekom et de 51 % du capital de UMC, l'opérateur mobile
national. Suite à de nouvelles élections au parlement,
le programme de privatisation de Ukrtelekom a été
reporté sine die et la nouvelle ouverture du capital de UMC
se limitera à 25 % de celui-ci. Deutsche Tele-kom, déjà
propriétaire de 16,5 % du capital de UMC,
s'est porté candidat.
L'année 2000 avait été marquée par
des " événements extérieurs " - enchères
UMTS en Europe, effondrement des valeurs technologiques sur les
places financières occidentales - qui avaient quelque peu
détourné l'attention des investisseurs potentiels
et qui avaient conduit à l'ajournement de plusieurs opérations
de privatisa-tion à partir de l'été 2000. L'année
2001 a commencé avec des an-nonces de retrait de certains
investisseurs stratégiques majeurs tels l'opérateur
néerlandais KPN, très endetté mais partenaire
de référence au capital de Cesky Telecom - l'opérateur
historique tchèque - et de sa filiale mobile Eurotel, mais
aussi très engagé en Hongrie au sein de Pantel, deuxième
opérateur derrière Matav, et de sa filiale de téléphonie
mobile Pannon. Dans un même mouvement, GTS, opérateur
pan-européen de réseaux à hauts débits
présent en République tchèque, en Hongrie,
en Pologne et en Slovaquie, annonçait sa volonté de
quitter la région. Finalement, du fait de la pénurie
de cash qui a affecté l'industrie des télécommunications
en 2001, les deux opérateurs cités n'ont trouvé
que de rares candidats prêts à les libérer de
leurs actifs. La seule opération qui ait abouti est, en juillet,
la vente de 44,7 % de Pannon - 2ème opérateur GSM
hon-grois, avec 1,8 millions d'abonnés - par KPN au norvégien
Telenor.
A cela est venue s'ajouter la détérioration des taux
de change des monnaies nationales par rapport au dollar, monnaie
dans laquelle sont libellés la plupart des emprunts effectués
par les opérateurs et par les Etats, d'où un renchérissement
du service de la dette qui a eu pour conséquences :
- de mettre plusieurs opérateurs alternatifs dans l'impossibilité
de payer leurs échéances, cette fin d'année
; ce fut notamment le cas pour les Polonais Netia et Elektrim dont
la situation est tout à fait précaire. L'Etat roumain
a dû, par ailleurs, accorder un crédit relais de 50
millions de dollars à l'opérateur national Romtelecom
pour qu'il honore le service de sa dette à partir décembre
2001;
- de conduire certains Etats en manque de trésorerie à
procéder à des privatisations et à des ventes
de licences UMTS dans l'urgence et à des prix très
en deçà des montants initialement espérés;
ainsi, l'Etat tchèque qui avait inscrit à son budget
2001 une recette attendue de 675 millions de dollars pour la vente
de Ceske Radiokomunicace - opérateur national de radio et
télédiffusion et actionnaire à 51 % de Radiomobil,
deuxième opérateur mobile du pays avec 2,85 millions
de clients - a finalement conclu l'affaire en octobre 2001 en vendant
pour 184 millions de dollars au consortium Bividéon constitué
de Deutsche Bank et du Danois TDC déjà au capital
à raison de 21 %. Entre temps, l'Etat tchèque avait
refusé en mars 2001 une première offre de TDC de 232
millions de dollars, jugée insuffisante. Il en est de même
pour les licences UMTS attribuées le 14 décembre aux
deux leaders de la téléphonie mobile - Eurotel détenu
à 51 % par Cesky Telecom et à 49 % par Atlantic West,
consortium constitué de AT&T Wireless et de Verizon ;
ainsi que Radiomobil, détenu à 49 % et opéré
par Deutsche Telekom -. L'Etat tchèque avait inscrit la vente
de quatre licences à 125 millions de dollars chacune ; l'appel
d'offre n'a attiré que deux soumissionnaires qui paieront,
sur 10 ans, un total de 104 millions de dollars pour Radiomobil
et de 96 millions de dollars pour Eurotel.
L'année 2002 devrait voir des opérations de privatisation
importantes : l'Etat tchèque engage, le 9 janvier 2002, le
premier tour de consultation pour la vente de sa participation de
51,1 % dans Cesky Telecom avec, en option, la vente des 27 % de
sa participation par Telsource, le consortium qui associait à
50/50 le néerlandais KPN et Swisscom au capital de l'opérateur
tchèque ; l'Etat roumain a annoncé la vente de 30
% des parts de Romtelecom dont il détient encore 65 % du
capital ; enfin, l'Etat bulgare entend mettre sur le marché
un package comprenant une part encore non déterminée
du capital de BTC et la troisième licence GSM
du pays.
Un deuxième fait marquant de l'année 2001 a été
l'envolée du secteur des mobiles avec, pour conséquences,
la perte d'attrait des opérateurs filaires tant traditionnels
qu'alternatifs pour les investis-seurs et surtout l'apparition des
premiers cas de cessation de paiement ou de faillite chez les opérateurs
alternatifs.
Plombés par le caractère hautement capitalistique
de leur activité et par le poids de leurs dettes, les opérateurs
filaires se trouvent confrontés à des effets de substitution
croissants de la téléphonie fixe vers les mobiles
; d'où leur perte d'attrait aux yeux des investisseurs et
les difficultés accrues rencontrées par les gouvernements
dans la mise en uvre de leurs programmes de privatisation.
Aussi, les états ont-ils pris des mesures pour préserver
les intérêts et ce qu'il reste de la valeur marchande
de leur opérateur dominant : lenteur dans la mise en uvre
des règles de l'interconnexion et de l'accès à
la boucle locale par les opérateurs alternatifs, en Hongrie,
en République tchèque et en Pologne ; insistance à
conserver, voire à renforcer la position de l'opérateur
national dans le capital de sa filiale de téléphonie
mobile - ce fut notamment le cas en République tchèque
où Cesky Telecom a tenté, cet été, une
transaction avec le consortium Atlantic West afin de prendre le
contrôle total de sa filiale mobile Eurotel dont il détient
51%des parts - ; développement en cours des offres ADSL et
des services Internet, en vue de tirer le trafic sur le réseau.
Eesti Telekom, Matav, Cesky telecom, ou même TPSA présentent
des offres de services équivalentes à celles des grands
opérateurs d'Europe de l'Ouest.
Par contre, la viabilité des opérateurs filaires
alternatifs tels les polonais Netia et Elektrim, le hongrois Pantel
ou l'américain GTS est loin d'être assurée à
court et moyen terme. En effet, au poids de leurs dettes, viennent
s'ajouter toutes les difficultés rencontrées pour
l'accès à la boucle locale dans la phase actuelle
de transition vers un marché vraiment libéralisé
tel que le requiert un strict alignement sur les " acquis communautaires
".
Le dernier fait marquant est la poursuite des programmes de libéralisation
dans tous les pays en marche vers leur intégration à
l'Union européenne. Les dix pays de la " première
" et " deuxième vague " sont maintenant dotés
d'une loi des télécommunications en ligne avec les
" acquis communautaires " ainsi que d'une instance de
régulation indépendante. Par contre, comme cela a
été signalé plus haut, la volonté politique
n'est pas partout aussi forte lorsqu'il s'agit de libéraliser
au quotidien. L'Estonie semble être en pointe ; l'ensemble
des dispositions pour l'accès à la boucle locale et
pour la mise en uvre de l'interconnexion étaient prêtes
au 1er janvier 2001 et deux opérateurs alternatifs, dont
Tele2, travaillent sur un pied d'égalité avec Eesti
Telekom. La Hongrie a officiellement libéralisé son
secteur des télécommunications depuis le 23 décembre
1991, même si les propositions de Matav pour l'accès
à la boucle locale n'avaient pas encore reçu l'agrément
du régulateur au 31 décembre 2001, après plusieurs
rejets successifs. Enfin, en République tchèque, Cesky
Telecom a obtenu un délai de grâce puisqu'il a été
autorisé à ne mettre en uvre la sélection
de l'opérateur par l'appelant qu'au 1er juillet 2002 et la
portabilité des numéros qu'au 1er janvier 2003.
Dans ce contexte, quelques grands opérateurs européens
ont continué à " creuser leur sillon " et
à renforcer leur présence en Europe Centrale et de
l'Est. L'opérateur le plus présent est, sans con-teste,
Deutsche Telecom qui contrôle plusieurs opérateurs
historiques :
- Matav, l'opérateur hongrois, qu'il contrôle à
59,58 % depuis qu'il a repris les participations de l'américain
SBC en juillet 2000 ;
- Slovenske Telekomunikacie (ST) dont il acquis 51 % du capital
en juillet 2000 ;
- enfin, l'opérateur croate, Hrvatske Telekomunikacije, dont
il détient 51 % du capital depuis l'été 2001.
Deutsche Telecom est par ailleurs très présent dans
l'univers des mobiles, d'abord à travers les filiales des
opérateurs historiques qu'il contrôle - Westel, leader
en part de marché en Hongrie ; Eurotel, numéro deux
sur le marché slovaque ; HPT, leader en Croatie - mais aussi
au travers de participations de T-Mobile International qui détient
55,99 % du capital de Radiomobil - leader sur le marché tchèque
- et 49 % du capital de Polska Telefonia Cyfrowa (PTC) aussi leader
du marché polonais des mobiles. Par contre, dans ce dernier
cas et suite à un accord de septembre 2001 entre Vivendi
Universal et le groupe Elektrim, Vivendi est devenu majoritaire
au sein de PTC qu'il contrôle à 51 % au travers de
sa joint-venture avec Elektrim. Cepen-dant, face aux déboires
actuels du groupe Elektrim, Deutsche Telekom ne perd pas l'espoir
de reprendre le contrôle de PTC.
|
Deutsche Telekom s'apprête, par ailleurs, à
monter dans le capital de l'opérateur mobile ukrainien
UMC, sa participation passant de 16,5 % à 41,5 % ;
il devrait ainsi prendre le relais du Néerlandais KPN
comme chef de file. Enfin, citons l'expérience de la
Macédoine où Deutsche Telecom à utilisé
sa filiale hongroise Westel comme " poisson pilote "
pour prendre le contrôle de l'opérateur mobile
local maintenant dénommé Maktel.
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L'UMTS
dans les pays de l'Est
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| Pologne,
2000, |
enchères
pour 5 licences, |
2
attribuées, |
15,5
$/habitant |
| République
tchèque, 2001 |
enchères
pour 3 licences |
2
attribuées |
8,8
$/habitant |
| Slovénie,
2001, |
enchères
pour 3 licences, |
1
attribuée, |
44,5
$/habitant |
| Slovaquie,
2002, |
concours
pour 3 licences (dont une UMTS+GSM) |
France Telecom qui jouait le rôle de " second couteau
" a consi-dérablement renforcé sa position en
montant au capital de l'opérateur polonais TP S.A. Depuis
septembre 2001, il détient, en consortium avec Kulczyk Holding,
47,5 % du capital de l'opérateur historique, avec une option
sur 2,5 % plus une action à saisir d'ici à fin 2002.
Il s'empare aussi du contrôle total de PTK-Centertel, deuxième
opéra-teur mobile polonais qu'il détenait en association
avec TP S.A. Il se trouve ainsi en position de pouvoir restructurer
l'organisation d'ensemble de TP S.A qui vient d'annoncer un programme
de réduction d'effectifs de 12 500 personnes, soit 1/5 du
personnel.
France Telecom est par ailleurs présent, sous sa marque
Orange, dans plusieurs autres pays au travers de filiales de téléphonie
mobile. C'est le cas de Globtel et de Mobilrom, leaders en part
de marché respectivement en Slovaquie et en Roumanie. France
Telecom est aussi présent en Moldavie au travers de sa filiale
mobile Voxtel.
Enfin, alors que l'opérateur suédois Telia est à
la peine avec Netia en Pologne, les opérateurs danois TDC
et norvégien Telenor ont renforcé leurs positions
à la faveur de la privatisation de Ceske Radiokomunicace,
pour le premier, et du retrait de KPN de l'opérateur mobile
hongrois Pannon, pour le second.
Gérard
PETIT

2001
a été une années de forte activité du
côté des ventes aux enchères en Amérique
Latine, avec des fortunes très diverses.
Amérique Latine
Jean-Paul GOULVESTRE
En
Bolivie la libéralisation planifiée pour novembre
2001 a bien eu lieu. Sittel,
le régulateur national, a octroyé des licences à
19 compagnies et attend de cette opération un investissement
dans le secteur de l'ordre de 800 millions de $ en cinq ans.
Au
Brésil faute de candidats les enchères sur les bandes
C et E on tété annulées. Les enchères
sur la bande D ont permis à Telecom
Italia d'obtenir 2 licences et Telemar
une. L'opération n'aura rapporté que 1334 millions
de $ à l'état brésilien sur les 3 milliards
attendus.
Au
Chili Subtel,
le régulateur chilien a ouvert en janvier des enchères
pour 6 licences de boucle locale radio et PCS dans la bande des
50 MHz dans 13 régions. 39 candidats ont manifesté
leur intérêt en demandant le cahier des charges. En
Colombie, afin de développer les PCS, les autorités
ont ouvert des enchères en vue d'attribuer des licences dans
la bande C (1900 MHz). Ce processus sera fermé aux actuels
opérateurs.
En
Equateur malgré l'échec de ses deux précédentes
tentatives de privatisation des compagnies publiques de téléphonie,
Andinatel
et Pacifictel,
le régulateur, Conatel,
envisage la suppression des monopoles des deux opérateurs
publics et l'octroi de licences à de nouveaux entrants. Des
enchères seront mises en œuvre en 2002 pour attribuer des
licences de téléphonie mobile dans les bandes B,C
et D.
Après
avoir envisagé de licencier 20% du personnel de Hondutel
pour favoriser sa privatisation partielle le Honduras a renoncé
à cette opération estimant que la conjoncture économique
et financière mondiale n'était pas assez favorable.
Six licences mobiles devraient cependant être mises aux enchères
au début de l'année 2002. Après 3 tentatives
infructueuses de privatisation depuis 1996 de l'opérateur
national le gouvernement nicaraguayen a attribué 40% du capital
d'Enitel
au suédois Telia.
Les autorités ont dû modifier la loi de privatisation
pour rendre les enchères plus attractives et se contenter
de deux candidats Telia et le mexicain RadioMóvil
Dipsa, France Télécom pré-qualifié
au travers de sa filiale salvadorienne s'étant retiré
de la dernière phase.
Au
Paraguay la phase de pré-qualification du processus de privatisation
de l'opérateur national Antelco,
qui doit se intervenir en mars 2002, a permis de retenir 5 candidats:
Brasil
Telecom, MIC's Telecel,
Telecom
Argentina, Telefónica
Internacional et Companía de Telecomunicaçoes.
Par
contre suite à un désaccord entre les deux opérateurs
nationaux les autorités uruguayennes ont dû reporter
au 28 février 2002 les enchères en vue de l'attribution
des licences des générations 2,5 et 3 de téléphonie
mobile. Enfin au Venezuela la Conatel
a attribué 15 licences régionales d'opérateurs
de boucle locale radio. Parmi les grands vainqueurs Bell
South (5 licences), Genesis
Telecom (4 licences) et Entel
Chile (1 licence à Caracas). Dans
le même temps l'espagnol Netsat Communications qui avait gagné
une licence a été exclu du processus faute d'en avoir
payé le montant dans les délais impartis. Sa licence
sera ré-attribuée. La Conatel a, par ailleurs, ouvert
un appel d'offre en vue de l'attribution en mars 2002 de fréquences
radio à haut débit (LMDS). Malgré un nombre
conséquent (7) de candidats le régulateur a dû
reporter les enchères deux fois, la première pour
motif technique (disparités dans la disponibilité
des fréquences), la deuxième, en raison d'une conjoncture
internationale défavorable. Il comptait octroyer 11 licences,
une nationale et deux ensembles de 5 licences régionales.
Jean-Paul GOULVESTRE

Asie-Pacifique
L'Asie apparaît comme la zone phare de l'année, qu'il
s'agisse de développements technologiques (3G au Japon, large
bande en Corée) ou de la croissance du marché (Chine,
Inde).
Certes l'environnement concurrentiel y est en général
plus restrictif qu'ailleurs, avec des régulateurs souvent
bien peu " indépendants " (une étude du
Yankee Group a qualifié leur statut de " pre-indépendance
" pour 71 % des régulateurs de la zone). De plus, le
niveau de vie parfois très bas limite les taux de pénétration
mais la démographie reste attrayante et les politiques gouvernementales
très incitatives.
Ainsi en Inde, on prévoit de doubler le nombre actuel de
lignes (33 millions à fin 2001) d'ici à 2004 au prix
d'un investissement de 15 milliards de dollars. Après une
phase relativement chaotique, les mobiles indiens sont en train
de se structurer autour de trois grands opérateurs : Birla-Tata-AT&T-BPL
(issus de la fusion annoncée en juin 2001 de BPL avec les
trois autres), Hutchison et Bharti. Ce dernier se prépare
à une introduction en bourse en 2002. Du côté
des opérateurs publics, MNTL a ouvert son service mobile
à Mumbai et New Delhi avec un succès initialement
mitigé qui l'a amené à baisser ses prix.
Avec l'Inde, c'est la Chine qui est la grande vedette asiatique.
L'entrée officielle du pays dans l'OMC le 11 décembre
2001 ouvre la porte aux investisseurs étrangers qui vont
pouvoir profiter du boom. Nortel a engrangé un milliard de
dollars de commandes en Chine au premier semestre ! Du moins si
la situation institutionnelle s'éclaircit : finalement, la
réforme des compagnies de télécoms devrait
se faire en Chine. China Railcom, issue des chemins de fer, s'est
lancée dans la bataille contre le géant China Telecom,
dont on attend la partition en deux (nord et sud) pour 2002. La
partie " nord " serait fusionnée avec China Netcom,
qui est partiellement détenue par l'association de Golman
Sachs et NewsCorp et avec Jitong Communications. Elle serait rebaptisée
China Netcom Jitong.
PCCW (Pacific Century CyberWorks) était la grande star de
Hong Kong avec Hutchison Whampoa. Mais alors que le très
riche conglomérat poursuivait tranquillement sa route (voir
encadré ci-dessous), l'étoile de Richard Li (fils
du richissime Li Ka-Shing, qui possède aussi Hutchison !)
a pâli. PCCW, sa compagnie, avait repris Hong Kong Telecom
à Cable & Wireless en 2000 et s'était lancée
sans retenue dans les activités Internet. En 2001, l'entreprise
se retire de ses dernières et ploie sous les pertes, les
plus fortes jamais enregistrées à la Bourse de Hong
Kong.
|
La Corée du Sud est sacrée championne du monde
de la large bande par l'OCDE : 14 % de taux de pénétration
mi-2001 (le suivant est le Canada à 6 %, la moyenne
de l'OCDE est à 2 % et celle de l'Union européenne
est à moins de 1 %). Les deux tiers des abonnements
sont en DSL, le reste en câble TV. Il semble que le
développement de la téléphonie IP stimulée
par des prix attractifs et une concurrence active entre fournisseurs
expliquent ce phénomène.
Au Japon, la 3G démarre doucement avec FOMA, mis en
place par NTT DoCoMo. Mais NTT subit des pertes financières
sur ses investissements aux Etats-Unis (Verio) et en Europe
(KPN) et supporte des charges de restructuration : 100 000
salariés sont transférés dans les filiales.
La large bande progresse très rapidement, avec environ
un million d'abonnés ADSL en fin d'année. Softbank
a lancé un plan audacieux de déploiement cette
technologie, prévoyant d'investir un milliard de dollars...
Enfin, Vodafone devient seul maître à bord de
Japan Telecom.
Au Viêt-nam le gouvernement a approuvé un plan
visant au démantèlement du monopole des télécommunications
d'ici à 2010. Il existe déjà une concurrence
dans les mobiles, par exemple, mais elle ne porte pas sur
les prix, qui sont fixés par le régulateur
|
L'opérateur
de l'année : Hutchison Whampoa
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|
Membre
du groupe Li Ka-shing, Hutchison Whampoa est une entreprise
diversifiée, présente dans 36 pays et qui emploie
directement ou indirectement 100 000 personnes. Elle a des
activités dans cinq secteurs : la gestion des ports
(dont elle est le leader mondial), l'immobilier et les hôtels,
la distribution, l'énergie et les télécommunications.
La société est entrée dans ce dernier
domaine en 1985, d'abord dans les mobiles, puis par la suite
dans le fixe et maintenant aussi dans le commerce électronique
: elle possède par exemple 30 % de priceline.com.
Opérateur
discret, Hutchison est derrière le succès d'Orange
en Europe (depuis revendu à Vodafone) et de Voicestream
aux Etats-Unis (également revendu à Deutsche
Telekom). La compagnie a des participations dans six licences
UMTS en Europe, qui lui ont coûté de l'ordre
de 12 milliards d'Euros, ce qui en fait un acteur majeur.
Elle est aussi présente dans une dizaine de pays aussi
divers que le Ghana, l'Inde ou le Paraguay.
Sur le
plan financier, Hutchison a bénéficié
de ses excellents investissements, dont la revente lui a assuré,
les années passées, une rentabilité exceptionnelle.
Ainsi, en 2000 le profit après impôt s'élevait
à 4,3 milliards de dollars, soit 66 % du chiffre d'affaires
! Les télécommunications représentaient
12 % du chiffre d'affaires cette même année et
5,5 % du total de l'EBITDA.
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En Australie, le singapourien Singtel a finalement acheté
Optus, deuxième opérateur du pays, à Cable
& Wireless après une bataille acharnée contre
Vodafone. Singtel confirme ainsi ses ambitions régionales,
puisque l'opérateur est aussi présent en Thaïlande,
Inde, Indonésie (22 % de Telkomsel, opérateur cellulaire
acheté en novembre), à Hong-Kong, Taiwan et aux Philippines.
Presque la moitié du chiffre d'affaires de la compagnie provient
maintenant de l'étranger.
Et pour finir, des nouvelles de Thaïlande où le magnat
des télécommunications Thaksin Shinawatra est devenu
Premier ministre à la suite des élections législatives
de janvier. Par ailleurs, le groupe diversifié Charoen Popkphand
(qui possède TelecomAsia avec Verizon), investisseur "
opportuniste " dans les télécommunications, a
déclaré vouloir se recentrer sur son métier
de base, l'agro-alimentaire.
Michel
Berne
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