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L'Europe du Nord

Michel BERNE
Au Royaume-Uni, la situation de BT est relativement préoccupante. Le duo historique qui a mené BT depuis longtemps s'efface avec l'arrivée au 1er mai de Sir Christopher Bland, pour remplacer le président Sir Iain Vallance, ainsi que celle de Ben Verwaayen à la place du directeur général Sir Peter Bonfield fin 2001. Christopher Bland reste en même temps patron de la BBC quelques mois.

Comme nous l'avons décrit dans le chapitre précédent, BT a essentiellement mené en 2001 une politique de désendettement et remise en ordre de ses participations. La compagnie a vendu beaucoup de " petites " filiales pour financer le rachat complet de l'opérateur Viag en Allemagne. BT a également fait savoir son désir de vendre sa participation dans Cegetel, mais l'opération attendra probablement la fin du pacte d'actionnaires de la société en septembre 2002. BT avait envisagé de séparer de sa branche " vente en gros " sous le nom de Netco, une offre de 30 milliards d'Euros avait même été reçue. Finalement, l'opération a été abandonnée, mais les branches fixes et mobiles ont bien été séparées. La partie mobile, rebaptisée mmO2 a été introduite en bourse. Elle regroupe BT Cellnet au Royaume-Uni, Viag Interkom en Allemagne, Esat Digifone en Irlande, Telfort Mobiel aux Pays-Bas, Manx Telecom (Ile de Man) et le portail Internet mobile Genie.

En Allemagne, il y a avait cinq challengers face à Deutsche Telekom. Deux ont survécu : Mannesmann et Viag. RWE et Thyssen, après avoir créé des filiales ont réduit leurs ambitions et revendu l'essentiel. Quand ses maisons-mères Viag et Veba ont fusionné dans E.ON, Viag a été repris entièrement par BT. Et Vodafone a acheté Mannesmann en projetant de vendre sa branche fixe Arcor, commune avec la Deutsche Bahn.

La boucle locale a été au cœur de l'actualité allemande de 2001 : débandade généralisée de la boucle locale radio et premiers essais de Powerline par RWE.
Pour conclure sur l'Allemagne, le consortium Sonera-Telefonica pour la 3G a été baptisé Quam et tente d'acquérir dès la fin de 2001 une clientèle GSM en opérateur virtuel (MVNO), ce qui s'est révélé fort difficile, ses concurrents mobiles et fixes n'y mettant pas d'enthousiasme…

Les opérateurs les plus impliqués dans la troisième génération mobile
En Europe :
Vodafone 12 (A, B, CH, D, E, F, GB, GR, I NL, P, S)
France Télécom / Orange 11 (A, B, CH, D, DK, F, GB, I, NL, P, S)
Hutchison Whampoa 6 (A, D, DK, GB, I, S)
Deutsche Telekom 4 (A, D, GB, NL)
Telefonica 4 (A, CH, D, E, I)
Sonera 4, (D, E, I, Finlande)
A noter : présence également des autres opérateurs scandinaves (TeleDanmark, Telia, Tele2)
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En Asie-Pacifique (Australie, Corée, Hong-Kong, Japon, Nouvelle-Zélande) :
Vodafone Australie, Japon, Nouvelle Zélande
Hutchison Whampoa Australie
Telstra Australie, Hong-Kong, Nouvelle-Zélande

La situation la plus inquiétante en Europe est celle de KPN dont l'endettement colossal (plus de 23 milliards d'Euros mi-2001, pour un chiffre d'affaires de 11 milliards d'Euros) a fait tanguer la société. L'action KPN a perdu 90 % de sa valeur entre mars 2000 et début décembre 2001. La société, qui avait échoué à fusionner avec Telefonica en 2000 a également échoué à fusionner en 2001, cette fois avec Belgacom. Heureusement, une injection d'argent de 5 milliards d'Euros d'argent frais à cette date - dont 60 % en provenance de l'état néerlandais, toujours actionnaire de la compagnie - a redonné confiance à la bourse.

Enfin en Scandinavie, les opérateurs tentent de fusionner régulièrement, mais ont échoué jusqu'à présent. En 2001, le norvégien Telenor n'a pas réussi à fusionner avec le suédois Telia, ni avec le danois TDC (TeleDanmark). Le fait que Telenor et Telia soient encore fermement entre les mains d'actionnaires publics (Telia n'a été introduit en bourse que cette année) explique sans doute ce fait.

Il existe donc un vrai problème pour les opérateurs historiques des pays européens les plus petits qui ne disposent pas du " matelas " procuré par un grand marché national. Les stratégies d'alliance ont largement échoué, comme on l'a vu avec la défunte Unisource (KPN, Swisscom, Telia et, un temps, Telefonica) et avec les exemples récents cités ci-dessus. Les stratégies offensives sont très risquées comme le montrent les déboires de KPN qui a lourdement investi en Allemagne. Reste pour ces opérateurs l'hypothèse relativement désolante de se faire manger par un des grands européens ? Signalons que cet état de fait n'est en rien spécifique du secteur des télécommunications, comme le prouve la malheureuse expérience de Swissair, qui avait tenté de s'étendre en Belgique et en France. Il existe finalement très peu de grandes entreprises issues de ces pays qui ont gardé leur indépendance.

L'Europe du sud

Malte
La déréglementation a atteint les rivages de l'île. Maltacom a été partiellement privatisé et est confronté à la concurrence de Melita Cable sur le marché de la transmission de données et de Vodafone sur celui de la téléphonie mobile.
Les autorités politiques veulent faire de Malte un centre important de e-commerce, de e-monnaie et de paris à distance. Une législation spécifique a été définie dans ce sens, des accords sont en cours de signature avec VISA, American Express, Cybercash et CommerceNet. La réputation de paradis fiscal de l'île ne peut qu'amener à s'interroger sur la capacité du Ministère des Finances, malgré ses affirmations, à contrôler le recyclage d'argent sale.

Monaco
En fin d'année, la principauté partage avec l'île de Man l'honneur de lancer, les premiers en Europe, un réseau UMTS. Pour Monaco, c'est un réseau urbain pilote avec l'aide de Siemens et de Nec, sans toutefois être ouvert au grand public.

Portugal
La téléphonie mobile 3G voit son développement freiné par le manque de disponibilité des équipements et parce que le marché portugais a atteint la saturation avec un taux de pénétration de 71,9 % en août, au dessus de la moyenne de l'Union européenne. Le régulateur, l'ICP, a dû accorder un délai d'abord jusqu'en juin 2002, puis jusqu'en décembre 2002 aux quatre titulaires de licences UMTS. Telecel (Vodafone) ne compte pas cependant aboutir avant début 2003. Pour réduire les coûts des infrastructures les opérateurs ont demandé officiellement à l'ICP la permission de déployer des réseaux partagés.

Le développement de la concurrence se heurte aussi à des difficultés. Malgré un rééquilibrage des tarifs d'interconnexion par l'ICP, huit concurrents de Portugal Telecom (Novis, Telecel Vodafone, OniWay, Brisatel, Jazztel, Teleweb, TVTel et Maxitel) doi-vent s'associer pour construire un réseau de fibre optique. Les fournis-seurs d'accès Internet ont déposé une plainte contre Portugal Telecom qu'ils accusent de leur facturer quatre fois le tarif fixé par l'ICP.
Michel Berne

Espagne
L'Espagne ne réalise que peu de progrès en matière de concurrence en général et sur le fixe en particulier. Malgré des tarifs d'interconnexion en baisse, et non contestés par la Cour Européenne de Justice, Telefónica contrôle toujours 92 % du marché. Les utilisateurs d'Internet se plaignent de la médiocre qualité de service, de la lenteur des progrès techniques et de la difficulté à faire aboutir les plaintes. Selon la SEDISI l'Espagne aurait 12 ans de retard par rapport à la moyenne des autres pays de l'Union Européenne en matière d'utilisation des TIC.

Dans le domaine du mobile le développement de la 3G se heurte à de nombreuses difficultés. Mécontent du résultat des enchères de 2000, le gouvernement espagnol a pris la décision de ne pas accorder d'autres licences mobiles mais a instauré une taxe annuelle sur ces services très contestée par les opérateurs concernés, malgré une baisse de 62,5 % en 2001 et de 75 % en 2002. Le gouvernement a dû accorder un délai de 4 mois pour le lancement des premiers services 3G et étudie la possibilité d'autoriser le partage des réseaux. Xfera n'a pas attendu le terme de cette réflexion et, après s'être vu refuser l'attribution de fréquences propres GSM et GPRS, a signé un accord de roaming avec Vodafone (ex. Airtel), gelé ses investissements dans l'UMTS et licencié 70 % de son personnel. Les autres opérateurs avancent doucement. Ainsi Telefónica a réalisé son premier test UMTS avec Ericsson, Motorola et Nokia et Vodafone a effectué le premier appel UMTS international avec J-Phone. Siemens et Ericsson installent l'infrastructure UMTS de Amena qui a dû emprunter 2,4 milliards d'Euros.

Le marché espagnol est toujours le théâtre de nombreux mouvements stratégiques. Parmi les plus actifs Telefónica recherche des alliances par segments (business units) plutôt que globales. Dans cette optique, l'opérateur historique collaborera avec OpenWave et Mitsui pour développer des services Internet mobiles, et sous-traitera sa téléphonie IP internationale à iBasis. L'entreprise s'est lancée dans l'ADSL avec un certain succès et a regroupé toutes ses activités médias dans une filiale indépendante, Admira. Malgré de réelles difficultés financières Terra Lycos, la filiale Internet de Telefónica, a racheté Raging Bull (services financiers communautaires en ligne) à Alta Vista, s'est associé à BBVA pour développer un portail immobilier et à El Corte Inglès pour créer une banque en ligne.

Dans le domaine des infrastructures de réseaux SkyPoint a mis son réseau LMDS à la disposition de Vodafone. L'électricien REE a mis son réseau large bande à la disposition de Cable & Wireless, alors que le portugais Brisa et la Renfe (la SNCF espagnole) se sont associés pour commercialiser les services de leurs réseaux optiques. Enfin, l'américain TyCom entre sur le marché espagnol du large bande et s'associe avec la Renfe, Euskatel et Brisatel (Portugal). De même Citynet Telecommunications s'installe en Espagne pour développer des réseaux optiques métropolitains dans les grandes villes.

Telecom Italia envisage de revendre ses 27 % du capital de Auna, 2ème opérateur fixe espagnol. Sa filiale Retevision s'associe à Cisco pour développer les services IP en Espagne et à BSCH dans le e-commerce alors que sa filiale mobile Amena envisage de revendre une partie de son réseau d'antennes pour payer ses dettes.

Signalons enfin que France Télécom a racheté la participation de Ferrovial dans Uni2 et négocie avec Jazztel pour entrer dans son capital. ONO (services large bande) a, de son coté, racheté Telia Iberia.

Jean-Paul Goulvestre

Grèce
En accord avec la législation européenne le marché grec des télécommunications est ouvert à la concurrence depuis le 1er janvier 2001. L'opérateur historique, OTE a dû rééquilibrer ses tarifs (augmentation des communications locales et baisse des tarifs longue distance) pour affronter la concurrence potentielle, représentée pour l'instant par la seule association entre l'italien Wind et l'électricien local PPC. De nombreux accords d'interconnexion ont été également signés par l'ancien monopole qui n'a cependant toujours pas trouvé de partenaire stratégique étranger.

Devant les risques de pertes de parts de marché sur le marché national l'OTE s'est lancée dans une stratégie internationale d'opérateur multidomestique en créant une filiale GSM , GloBul, et en s'intéressant à Mobikom en Bulgarie, en cherchant à conforter sa position au sein du roumain Romtelecom et en obtenant la deuxième licence de téléphonie mobile en Macédoine.

Dans le secteur des télécommunications mobiles la génération 2,5 semble bien se porter avec le lancement des offres GPRS de CosmOTE (filiale d'OTE) et de Stet Hellas. Sur les quatre licences UMTS offertes aux enchères seules trois ont trouvé preneur (CosmOTE, Stet Hellas, Panafon) pour un total de 484,5 millions d'euros. Des enchères spécifiques 2G ont permis à Panafon, Stet Hellas et Infoquest d'obtenir une licence complémentaire. CosmOTE qui était candidat n'a rien obtenu.

Signalons pour terminer l'émergence d'un projet gouvernemental de taxation des ordinateurs de jeux mis à la disposition du public dans les cafés et les hôtels très fortement critiqué car il freinera la pénétration d'Internet en Grèce qui devrait à peine atteindre 12 % à la fin de 2001.

Jean-Paul Goulvestre

Italie
Le marché italien se restructure pour affronter les défis qui se profilent tant en matière de téléphonie fixe que de téléphonie mobile.

Telecom Italia, l'opérateur dominant, s'est trouvé, en 2001,au centre de grandes manœuvres financières. Contrôlé depuis 1999 par Olivetti la firme a d'abord été confrontée à une contestation d'actionnaires minoritaires menés par le fonds d'investissement américain Liverpool Ltd dans une opération de restructuration du capital (buyback, revente de participation minoritaires et des actifs dans quatre consorcia de satellites) destinée à réduire l'endettement d'Olivetti, à accélérer le développement de son offre GPRS, puis UMTS, sur le marché interne et à renforcer sa présence en Amérique Latine (Brésil, Pérou, Bolivie, Chili et Argentine). L'opération menée à bien en juin, a permis à Pirelli & Edizione, la holding de la famille Benetton, de racheter les 23% de la participation de Bell et à UniCredito d'acheter 10% du capital d'Olivetti. La dernière étape de ce vaste mouvement financier pourrait déboucher sur la fusion de Telecom Italia et d'Olivetti. Pour financer son développement aux Etats-Unis Telecom Italia a constitué avec Ramius Capital Group une joint-venture de capital risque avec comme objectifs la téléphonie fixe et la téléphonie mobile.

    Le renforcement de la position de l'opérateur historique ne satisfait pas ses concurrents. Si une première plainte de 26 opérateurs italiens contre les pratiques anti-compétitives de Telecom Italia a été rejetée par l'UE en avril la firme a été condammée par l'AGC pour ses abus de position dominante en matière d'accès Internet et de réseau haut débit en mai. Une nouvelle plainte a été déposée en août par sept opérateurs contre le tarif forfaitaire d'interconnexion de 20 lires/minute demandé aux ISP. Ces difficultés ont amené le gouvernement italien a étudier la possibilité de créer une entité séparée de Telecom Italia pour gérer le réseau fixe italien et d'y faire entrer de nouveaux actionnaires.

    La concurrence ne reste pas pour autant inactive. BT et Autostrade recherchent, avec l'aide du Crédit Suisse First Boston et de Mediobanca, un acheteur pour Blu.. La firme, qui s'était retirée des enchères en 2000 a pu récupérer sa caution de 2,1 milliards d'€. Elle pourra ainsi investir 390 millions de $ en 2001, pour développer son réseau GSM et sa clientèle. BT a racheté les 9% de la participation de Mediaset et Benetton a revendu sa participation de 41% après son entrée dans le capital d'Olivetti.

    Après de nombreuses négociations et une approbation, sous condition de réduction de sa capacité de production de 25%, de l'Union Européenne l'électricien Enel a pu racheter Infostrada (2ème opérateur fixe italien) à Vodafone pour 7,25 milliars d'€. Dans la foulée un projet de fusion entre Wind et Infostrada a vu le jour pour constituer le 2ème groupe italien de télécommunications.

    Le rachat de Telemontecarlo par l'ISP Seat Pagine Gialle a donné lieu à une véritable bagarre avec l'AGC, le régulateur italien: refus de l'opération par celle-ci en janvier, autorisée par un tribunal en février pour 360 millions de $, appel suspensif de l'Autorité devant le Conseil d'Etat en mars.

    Dans le domaine des mobiles alors que TIM a lancé son service GPRS en mai, que Wind recherche un emprunt de 5 milliards d'€ pour financer son réseau UMTS, que Hutchison annonce vouloir investir 5 milliards de $ entre 2001 et 2005 pour développer son réseau UMTS, la nouvelle, et très rigoureuse, législation sur les radiations magnétiques de la 3G pourrait empêcher les six opérateurs titulaires d'une licence de développer leurs réseaux dans de bonnes conditions. Cette difficulté, ajoutée aux problèmes de disponibilité des infrastructures et des terminaux 3G, a amené le gouvernement italien a porter la durée des licences de 15 à 20 ans et à repousser à septembre 2002 le délai de lancement des services 3G.

    Tiscali continue son incroyable développement par croissance externe en rachetant Liberty Surf et Infosources en France, Excite Italia en Italie, Planet Interkom et Nextra en Allemagne, LineOne au Royaume Uni, Sonera Plaza et Wish-Noknok aux Pays-Bas, et Inicia en Espagne et lance, avec OD2, le premier service pan-européen de musique sur Internet.
Jean-Paul Goulvestre

L'année 2001 a naturellement été marquée par les attentats de septembre, nous en avons parlé dans le chapitre introductif. Ce para-graphe est essentiellement consacré au développement de la concurrence. On dit maintenant couramment que la loi de réglementation des télécommunications de 1996 n'a pas tenu ses promesses. Mais il faut faire avec…

Année de transition aux Etats-Unis

L'arrivée d'une nouvelle administration amène début 2001 le remplacement du président démocrate de la FCC, William Kennard, par le républicain Michael Powell, qui était déjà " commissioner " de l'institution. Il baptise son programme : " Broadband Digital Migration ". La large bande est en effet la grande question de l'année avec deux points saillants : si le déploiement des réseaux hauts débits doit prioritairement passer par la concurrence entre infrastructures, quelle est la mieux placée d'entre elles ? Câble TV, ADSL, voire dans les régions rurales, satellite ? Et en même temps, comment ne pas aggraver la fracture numérique (" digital divide ") créée par l'inégalité de raccordement à Internet en ajoutant celle de la large bande ? Il faut donc garantir des conditions d'égalité entre technologies, qui ne sont guère réalisées car le câble et les réseaux de télécommunications ont toujours été régulés sur les bases différentes et le débat déborde du cadre strict des télécommunications. Ainsi, le projet de rachat de DirecTV, le plus grand bouquet satellitaire américain, par son petit concurrent Echostar éveille l'inquiétude des élus des régions rurales.

Mais le principal feuilleton réglementaire de l'année tourne autour de Nextwave. L'entreprise avait obtenu des fréquences radio mais s'est trouvée incapable de payer l'essentiel des 4,7 milliards de dollars correspondants. La FCC a donc repris les fréquences, qui ont été vendues 16 milliards de dollars à Verizon, Cingular et d'autres. Pendant ce temps, Nextwave a résolu ses ennuis financiers et demandé à reprendre ses fréquences, mais elles n'étaient plus disponibles. Plainte a été déposée par Nextwave qui a gagné son procès contre la FCC. Nextwave veut alors payer ses fréquences et les vendre elle-même 16 milliards de dollars aux opérateurs qui les ont obtenues de la FCC ! Un compromis serait trouvé à la fin de l'année 2001, avec un partage des sommes en jeu entre Nextwave (6 milliards de dollars) et le gouvernement (10 milliards de dollars).

En 2001 AT&T a également vécu un tournant décisif. La compagnie, concurrencée sur la longue distance depuis 1984 voit sa part de marché se réduire progressivement. Sa stratégie a été de revenir sur le marché local, via l'achat successif de réseaux de télévision câblés. Toutefois cette vision s'est révélée peu payante à court terme, d'où la décision radicale prise en 2000 de couper la société en quatre parties. Cette année a vu le début de la concrétisation de ce plan avec la scission des mobiles (AT&T Wireless) assortie d'une prise de participation de 10 milliards de dollars par NTT DoCoMo. En décembre a été annoncée la fusion d'AT&T Broadband avec le câblo-opérateur Comcast. Le nouvel ensemble, qui a 22 millions de clients dans 41 états, sera un acteur majeur dans la bataille de la large bande qui s'amorce aux Etats-Unis. En 2001, AT&T a aussi dénoué ses liens avec Liberty Media et laissé tomber en faillite le fournisseur d'accès large bande sur le câble Excite@home qu'il avait pourtant acheté 3,5 milliards de dollars et qui avait 4,2 millions de clients.

Signalons enfin qu'AT&T Wireless et Cingular (42 millions d'abonnés mobiles à eux deux) ont annoncé qu'ils vont renoncer à la norme TDMA, rejoignant Voicestream dans le monde GSM. En dehors de Nextel, qui utilise la norme iDen de Motorola et des restes des réseaux cellulaires analogiques, le reste du marché est aux mains du CDMA (Sprint, Verizon, Alltel et Qwest). Verizon est dans une situation délicate, car son activité mobile est une co-entreprise avec Vodafone qui utilise le GSM.

Et comme partout ailleurs, une arrivée non-maîtrisée de la concurrence a fait des ravages : surcapacités , déconfiture des nouveaux entrants de la boucle locale comme Covad, effritement de la position des RBOC. Il y a aux Etats-Unis 1300 opérateurs locaux et 14 opérateurs nationaux, alors qu'il y a peut-être de la place pour 300 à 500 opérateurs locaux et 5 à 7 opérateurs nationaux .

Michel Berne

 
 
coin télécom

institut national des télécommunications