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L’année
2001 est marquée par un très fort recul des marchés boursiers et
par le retour à la prudence des investisseurs. Les acteurs des technologies
de l’information et de la communication (« TMT ») sont
pris à revers, alors qu’ils ont massivement investi et voudraient
continuer à le faire. Les grandes stratégies qu’ils avaient concoctées
sont revues à la baisse.
A la recherche des fonds perdus
Michel
BERNE
Les valeurs technologiques ont subi une chute spectaculaire dans
l’estime du monde financier et leurs cours s’en sont ressentis.
Toutefois, après les événements du 11 septembre, les valeurs TMT
sont apparues comme moins sensibles à la conjoncture que d’autres
(c’est clairement le cas des valeurs de télécoms qui sont même « contre-cycliques »).
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2/1/2001
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Plus
haut
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Plus
bas
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Fin
2001
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CAC
40 (Paris)
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5799
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5998
(31/1/01)
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3653
(21/9/01)
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4625
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Dow
Jones (New York)
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10646
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11338
(21/5/01)
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8236
(21/9/01)
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10022
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Malgré une
sorte de rebond à partir de septembre, quatre des cinq plus fortes
baisses du CAC 40 en 2001 sont des sociétés du monde de la communication
(du 2/1/01 au 28/12/01) :
| 1 |
Alcatel
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-
68,26 %
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La capitalisation des groupes fondant, ils
se voient mal classés par les agences de notation. Ils perdent
aussi en visibilité : en septembre, France Télécom est
sorti de l’indice boursier Stoxx50. Petite consolation, Orange
était entré au CAC 40 au printemps.
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| 2 |
Alstom
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-54,28
%
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| 3 |
Cap
Gemini
|
-
52,79 %
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| 4 |
|
-
51,79 %
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5 |
TF1
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-
50,63 %
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Les
opérateurs de télécommunications sont colossalement endettés, surtout
en Europe où ils ont dû poursuivre des stratégies coûteuses d’implantation
hors de leur pays d’origine et payé des montants exorbitants pour
les licences UMTS.
France
Télécom, avec 65 milliards d’Euros de dettes, soit environ deux
ans de chiffre d’affaires, présente un visage typique de ces problèmes
alors que KPN se situe à un point de tension extrême. Bizarrement,
Telecom Italia qui n’avait pas pu prendre part aux grandes manœuvres
européennes de ces dernières années en étant occupé à régler ses
propres problèmes (son ancien actionnaire principal étant, lui,
outrageusement endetté) se retrouve le bon élève de la classe !
British Telecom
(BT) et France Télécom (FT) ont montré, cette année, une grande
imagination pour sortir de cet étau :
- ventes
d’actifs, comme l’immobilier (quitte à relouer après : BT
pour 2,3 milliards de £, FT pour 3 milliards d’Euros)
- ventes
de participations dans des filiales (pour BT : Airtel et
Japan Telecom à Vodafone ; Clear (Nouvelle-Zélande) à Telstra,
ainsi que Maxis en Malaisie, Bharti en Inde, Rogers Wireless…) ;
finalisation de la vente de la participation de FT dans Sprint
- ventes
de divisions : annuaires (Yell pour BT, 2,1 milliards de
£)
- ventes
de participations financières ou industrielles (France Telecom
a vendu sa participation dans Areva, TPS, STMicroelectronics)
-
reprise en main des filiales déficitaires (Concert, filiale commune
BT-AT&T est fermée ; Equant/Global One est restructurée
chez FT)
-
scission de divisions gourmandes en ressources (BT Wireless, renommée
mmO2 et introduite en bourse)
- émission
d’actions (mais le marché ne s’y prête plus guère, comme FT l’a
constaté avec l’introduction en bourse d’Orange, qui a quand même
rapporté près de 10 milliards d’Euros)
- émissions
d’obligations éventuellement convertibles, comme France Télécom
qui en a émis pour 3,5 milliards d’Euros en novembre (et aurait
trouvé preneur pour quatre fois plus !) et BT (9,7 milliards
d’Euros en janvier)
-
réduction des coûts (FT qui va supprimer 3500 postes de commerciaux)
- externalisation
(BT qui confie à Xansa certains processus comptables et financiers
et lui transfère 500 emplois)
Au total,
la dette de BT avait culminé en 2001 à 30 milliards de £ et l’entreprise
vise l’objectif de diviser ce chiffre par deux d’ici à mars 2002.
Pour France Télécom, l’objectif est du même ordre.
A la panoplie
de mesures utilisées par British Telecom et France Télécom, ajoutons-en
deux autres employées par leurs concurrents :
- Les
nouveaux entrants ont dû, eux, recourir massivement à des renégociations
de dettes et n’ont parfois pas évité le dépôt de bilan (voir la
liste des opérateurs français au paragraphe suivant)
- Deutsche
Telekom s’est fait rembourser 1,4 milliard d’Euros d’impôts, à
la suite de la réévaluation de sa participation dans Sprint
Michel
BERNE
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