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Vers le e-gouvernement(MB)
e-formation (MNB)
Une utilisation annoncée :Internet solidaire, alternatif, citoyen (MS)
Jeux vidéos (MB)

  Vers le e-gouvernement

Marie-Noëlle BLANCHETEAU

L'utilisation efficace des technologies de l'information et de la communication TIC est au centre même d'une révolution émergente au sein des administrations. Le gouvernement électronique ou e-government permet d'une part d'augmenter la productivité des services publics mais aussi de réduire les dépenses des administrés en leur offrant un meilleur service : plus besoin de faire la queue pendant des heures pour retirer un malheureux document qu'il convient de remplir.

Tous les gouvernements se proposent donc d'offrir des services sur Internet : déclarations sociales, téléchargement de feuilles d'impôt ou déclaration de revenus en ligne, information sur les démarches à effectuer et/ou les conditions à remplir pour obtenir tel ou tel avantage, sont partout à l'étude ou devenues dans l'année des réalités. Le e-gouvernement est en marche à des degrés divers selon les pays. A Singapour, le portail gouvernemental comporte même un accès à des activités facilitant la recherche d'un conjoint , car les autorités de l'Etat sont préoccupées par la dénatalité !

Une étude canadienne a montré que l'utilisation des technologies de l'information devait permettre au gouvernement fédéral de réduire d'environ 20 % ses dépenses relatives à l'offre d'information et de services, ce qui correspondrait à 15 milliards de dollars. Au Canada, les demandes de brevets en ligne sont déjà une réalité ainsi que la déclaration d'impôt fédéral par voie électronique. Au Québec, un organisme gouvernemental comme la Société des alcools du Québec ou le ministère des Ressources naturelles offrent la possibilité d'effectuer des paiements (sécurisés) en ligne.

Les attentes et les besoins des citoyens sont nombreux et parfois les gouvernements proposent des formules de guichet unique qui simplifient la vie des internautes pour leur éviter de naviguer sur plusieurs sites différents. Un exemple intéressant est celui offert pour les futurs créateurs d'entreprise québécois qui ont ainsi depuis décembre dernier un portail unique : le " Portail de démarrage d'entreprise du Québec " , qui regroupe à un seul endroit tous les renseignements et les formulaires nécessaires au démarrage d'une entreprise. Toujours au Canada, les collectivités locales ne sont pas en reste et l'on parle de smart communities suite au projet du gouvernement fédéral qui, depuis juin 1999, gère un programme de soutien au e-communes, l'un des six volets de l'initiative fédérale " Un Canada branché " .

Une étude réalisée par Cap Gemini Ernst & Young pour la Commission européenne plaçait l'Irlande, la Finlande, le Suède, le Danemark, l'Espagne, le Portugal et le Royaume-Uni en tête pour le e-gouvernement.

En France, le rapport Carcenac remis au Premier ministre a présenté 50 propositions pour une administration électronique " citoyenne ". Les sites publics sont maintenant nombreux et l'on en recense environ 4500. Tous ne sont pas interactifs et conviviaux : les progrès à faire sont encore nombreux et le ministre de la Fonction Publique, Michel Sapin a reçu, début décembre un rapport sur l'état de l'e-gouvernement en France, dont les conclusions étaient que trop souvent les sites confondent information et communication. Toutefois, certains sites sont particulièrement bien faits . En juin 2001, seules 63 % des mairies de l'Ile de France étaient connectées à Internet, 32 % disposaient d'un site web et 28 % étaient en train de le réaliser.

Pourtant, le-gouvernement pose un certain nombre de problèmes dont celui de la sécurité des données qui sont transmises au travers des échanges mais surtout de la non-communication entre les différents services administratifs et des collectivités des données nominatives qui figurent dans les fichiers. Il est évident qu'à terme les différentes administrations échangeront des données pour donner un meilleur service aux citoyens et aux entreprises : en cas de déménagement, fournir une nouvelle carte d'identité, l'inscription sur les listes électorales… on peut tout imaginer y compris le pire. La CNIL, toujours opposée aux échanges de fichiers, examine les propositions en cours… qui doivent normalement être mises en place d'ici 2005. A cette date, un point d'entrée personnalisé doit offrir à chaque usager un tableau de bord et une interface unique pour gérer l'ensemble de ses démarches en cours et à venir : mon.service-public.fr ... Une démarche identique est en cours depuis plusieurs années pour les relations des entreprises et des administrations.

Le e-gouvernement comporte également un volet sur la vie démocratique. Le vote par Internet progresse lentement, au rythme des consultations électorales. La mairie d'Issy-les-Moulineaux, toujours en pointe, a permis aux habitants de voter ainsi pour l'élection de son Conseil économique et social municipal. 90 % des votants ont utilisé le dispositif qui prévoyait des mots de passe individuels et des points d'accès Internet publics. Enfin le Sénat est toujours très actif dans la réflexion sur ces sujets.

e-formation

Marie-Noëlle Blancheteau

Si l'année 2000 a été celle de l'engouement pour la e-formation, 2001 est celle de la raison.

Les rencontres, formations, expositions sur le thème de l'e-formation sont aussi nombreuses que l'année passée mais les 3èmes rencontres du salon de l'éducation, du 21 au 25 novembre 2001, montrent une certaine maturation du secteur. Il y a environ 150 sites francophones de e-formation de bon niveau selon Thot Cursus, ce qui représente trois fois plus que l'an dernier et dix fois plus qu'il y a deux ans. Malgré ce succès important, le taux de transformation visiteurs/clients reste faible : 0,002 %. On compte également 15 portails et 17 plates-formes .

Le prix Ibis 2001, qui couronne les meilleures formations utilisant les TIC, récompense des productions très brillantes en termes d'ergonomie mais dont le contenu est un peu décevant.

L'e-formation progresse (surtout dans le domaine de la formation permanente), mais malgré une progression constante en volume elle ne représente encore que 7 % des formations dispensées par les entreprises. Les entreprises les plus intéressées par ce nouveau moyen de formation, sont en grande majorité (83 %) des entreprises importantes (plus de mille salariés) et multisites. Ce media permet en effet une formation sur le poste de travail, individualisée, morcelée éventuellement en séances très courtes pouvant s'insérer entre les intervalles du travail et identique quel qu'en soit le lieu. Seules les entreprises importantes peuvent investir des sommes importantes pour les investissements initiaux nécessités par la e-formation : conception et/ou achat des produits, développement d'une plate-forme technique, constitution d'une équipe de formateurs ou de tuteurs qui sont les conditions sine qua non du succès. Ces investissements initiaux, importants au départ, permettent ensuite d'économiser sur les budgets transport et hébergement des salariés en formation, sur les frais des formateurs. Il est donc logique que les entreprises qui s'y intéressent soient souvent des entreprises déjà en réseau, utilisant l'informatique comme le secteur des télécommunications, le secteur bancassurance et des entreprises particulières pour qui l'entraînement en situation de travail, les images et les pratiques professionnelles sont facilement codifiables.

Certains problèmes comme celui des droits d'auteurs, demeurent posés et freinent l'introduction de la création de cours en ligne dans nombre d'institutions. D'autres trouvent en revanche des solutions : Macromedia, grâce à la mise au point d'une nouvelle technologie, permet l'accès des sites de formation aux non voyants. Enfin la parution de la circulaire DGEFP du 20 juillet attendue depuis longtemps rend enfin possible l'imputabilité sur les sommes de formation professionnelle des entreprises, des sommes engagées dans des actions de formation à distance sans qu'il soit obligatoirement nécessaire d'organiser des regroupements d'élèves. Toutefois, l'auto-formation est exclue de la nouvelle rédaction de l'article R950 du Code du Travail et il n'est pas certain que cette nouvelle rédaction prenne en compte tous les problèmes de la formation à distance.

Malgré le fait que nombre d'institutions proposent des cours payants, il est sympathique de constater que certains cours gratuits sont toujours proposés et que leur qualité n'a rien à envier aux cours payants. Par ailleurs, les sujets de formation en ligne s'élargissent et cessent d'être des cours purement utilitaires : un journal électronique d'expression française consacré aux Droits Fondamentaux, lieu de réflexion sur l'éthique et les problèmes de société a été lancé.

Dans le cadre de la réorganisation générale de gestion des sites Internet, Educause est chargé de gérer les sites en edu. mais ce choix est contesté par certains autres sites. Aux Etats-Unis, le secteur de la e-formation devient un domaine à part entière et la Carnegie Mellon University crée un centre de recherches pour les créateurs et producteurs de logiciels.
Plusieurs projets d'université virtuelle voient le jour : au Royaume-Uni, un consortium réunit Cambridge, l'Open University, Sheffield Hallam University et York, aux Etats-Unis on note plusieurs créations dont V2U, projet de l'Etat de Virginie.

Les formations nouvelles aux technologies de l'information
Plusieurs formations ont été ouvertes dans l'année en France pour former de nouveaux professionnels aux technologies de l'information. A Lille, un nouveau DESS MICE (prononcez " mâïce "), centré sur les technologies forme des spécialistes du Business-to-Consumer, du Business-to-Business, des places de marché électroniques et des télé-services à vocation moins marchandes.

A l'INT, l'option " e-business " ouvre en mars 2001 et forme 18 étudiants (9 managers et 9 ingénieurs) qui deviennent dès juillet des architectes et des consultants en e-business chez les constructeurs et les opérateurs, des consultants et des chefs de projets chez les grands utilisateurs.
Enfin, deux nouvelles écoles consacrées à la formation aux technologies Internet ouvrent en septembre : l'une à Bourges l'autre à Marseille tandis qu'à Valenciennes ouvre une école spécialisée dans les jeux vidéo, Supinfogames.

Une utilisation annoncée : l'Internet solidaire, alternatif, citoyen.

Mabel Seijas

Suivre l'aventure palpitante de ce nouveau millénaire : comment répondre à la grande question de l'appropriation sociale des TICS ? Nul doute, beaucoup d'associations misent sur ces outils comme instrument en essayant de dessiner un paysage différent.
Nous assistons à l'éclosion d'un aspect " participatif " Faire et prendre part, " participare " connote cette notion de devenir " acteur " et il n'y a qu'un pas pour constater les initiatives multiples que recouvrent des domaines divers.
Internet, terre fertile ? Rêves qui se concrétisent en réalités jour après jour. Nous pourrions mentionner les secteurs de l'éducation et la culture, la vie associative, les droits et libertés, les collectivités locales et tant d'autres qui montrent une vraie effervescence.

REMICS (Rencontres européennes de multimédia, de l'Internet citoyen et solidaire) a tenu ses Premières Rencontres à Haillan, près de Bordeaux, en novembre 2001. La Fédération des Réseaux Citoyens I3C (Internet Créatif, Coopératif et Citoyen) est fondée par des collectifs et des personnes engagées dans cette problématique du " social " liée aux TICS . Pour citer quelques-uns uns : Vecam, FING, Initial, l'Observatoire des Usages de l'Internet, Place Publique etc. La Fédération couvre une partie importante du territoire français mais au niveau européen elle intègre le réseau E @ CN qui ressemble des organismes équivalents en plusieurs pays (Angleterre, Espagne, Italie, etc.)

D'autres dates et d'autres lieux jalonnent l'année 2001 , différents points de rencontre ayant comme objectif la réflexion, l'échange d'expériences et la création des projets collaboratifs sur les différents aspects de la citoyenneté et des communautés à l'ère numérique.

Le " Courrier de l'Internet citoyen " de l'Association Vecam (pour un Internet non commercial) propose chaque semaine aux intéressés un bulletin d'actualité. Il y a là plusieurs rubriques où nous pouvons parcourir, en plus des secteurs déjà mentionnés, les initiatives qui concernent le domaine des territoires, l'accès public, l'Internet solidaire, un classement de villes Internet. Et tout ce qui a un rapport avec les médias : sites de coproduction en ligne des associations, presse numérique et TV-citoyenne. Nous y trouvons aussi un panorama des différentes actions en Europe et sur le plan international. La quantité de sites répertoriés ainsi que les actions qui se développent et l'agenda précis des prochaines réunions et journées de réflexion, sont des bons exemples de la complexité et de l'ampleur que le phénomène du social est en train de prendre.
Il faut constater que ces initiatives viennent combler un vide. La question qui se pose maintenant c'est de réfléchir aussi aux enjeux politiques, puisque cette myriade d'associations peut courir un risque de dispersion.
Ainsi est née l'idée de fédérer les acteurs comme premier pas puis de s'inscrire dans un mouvement plus large. Les mouvements de l'antimondialisation néo-libérale (Attac, Pénélopes) pourraient être l'un de versants du nouveau cadre qui permettrait d'élaborer de nouvelles stratégies.

Un exemple au Brésil
Le comité pour la démocratisation de l'informatique (CDI), fondé par un jeune professeur il y a quelques années crée des écoles d'informatique et de citoyenneté dans les quartiers les plus pauvres. La première surgit dans une favela de Rio, elles sont maintenant 209 dans 30 villes ! Cette ONG travaille avec des organisations locales et compte avec l'appui de bénévoles. Pour eux, en plus de l'accès au nouvelles technologies, il s'agit de " leur faire prendre conscience de la réalité dans laquelle ils vivent. Nous essayons d'apprendre aux enfants à développer une pensée critique sur leurs propres nécessités et sur leurs droits comme citoyens " . Pour les responsables de cette initiative, les jeunes auront une possibilité concrète de sortir du ghetto.
C'est sûr, les nouvelles technologies ne remplaceront jamais le pain et l'eau, mais elles peuvent collaborer dans le développement et l'accès à l'éducation, la santé et tant d'autres domaines. Etre un outil favorable aux initiatives sociales, c'est déjà une belle réalité.

Jeux vidéos

Michel BERNE

Actualité riche en 2001 pour les consoles, encore une fois. Au Japon sont sorties la Game Boy Advance et la GameCube chez Nintendo tandis que Sega abandonnait la fabrication de la Dreamcast. Enfin, aux Etats-Unis Microsoft a sorti la Xbox. A 299 dollars, la Xbox est bien plus chère que ses concurrentes, mais c'est une bête de course qui doit coûter encore plus à fabriquer.

Du côté des jeux, citons la sortie de Train Simulator de Microsoft pour les ferrovipathes (espèce répandue, mais peu dangereuse, heureusement). En y jouant, on comprend rapidement qu'il est difficile d'arrêter les trains dans les gares ! Un simulateur de navigation spatiale est disponible sur le web sous le nom d'orbitersim. Dans un autre genre, Black & White d'Electronic Arts transforme le joueur en dieu tout puissant. On y définit le bien et le mal, on y façonne des créatures, le tout dans un graphisme éblouissant. C'est un des jeux les plus intéressants de l'année. Finalement, Majestic (Electronic Arts) renouvelle le genre du thriller pour adultes. Des messages, des appels téléphoniques à toute heure et le chat (sur AOL) mêlant joueurs et maître du jeu donnent des informations pour avancer dans la partie en cours.

Le marché mondial du jeu vidéo s'élèverait à 20 milliards de dollars. Mais c'est un marché difficile où les risques sont très élevés et les évolutions techniques rapides. En misant beaucoup sur les jeux en réseau, la société prodige bordelaise Kalisto a failli disparaître et même le géant Infogrames a supprimé 400 postes, soit 20 % de son effectif.

Michel Berne

 
 
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institut national des télécommunications