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Les mastodontes se toisent
(MB)
Les limites du modèle actuel du sport (MB)
Edition (MB)
Un bel venir : le stylo et le papier surdoués (MS)
 
 

 Comme d'habitude, l'étude des relations entre dimensions économiques et culturelles occupe la plus large part de ce chapitre. Le sport, les jeux télévisés, l'exception culturelle sont au programme. Côté musique, on est dans une année de transition, entre Napster et les nouvelles plateformes créées par les géants de l'industrie phonographique. Enfin nous nous intéresserons aux progrès lents, mais décisifs, de l'encre et du papier électronique.

Les mastodontes se toisent

Michel BERNE
L'industrie mondiale de la communication est dominée par sept groupes mondiaux qui sont engagés en permanence dans de grandes manœuvres pour grandir encore : d'origine américaine on trouve AOL Time Warner, Disney et Viacom ; d'origine européenne, Vivendi Universal et Bertelsmann ; enfin Newscorp, la holding de Rupert Murdoch vient d'Australie et la japonaise Sony ferme la marche.

Tous ces groupes ont des stratégies de " convergence ", tentant d'allier la maîtrise des contenus éditoriaux (chaînes de télévision, édition, cinéma, etc.) à celle des canaux de distribution (réseaux câblés et satellites en particulier). Internet a représenté un défi particulièrement important pour ces groupes et il faut dire que leurs résultats ont été inégaux. AOL Time Warner digère lentement sa fusion géante entre le premier fournisseur d'accès mondial et un géant des médias traditionnels. Bertelsmann a dû revoir son ambitieuse stratégie après avoir perdu 800 millions de dollars en 2000/01 dans ses activités Internet. Sa chaîne de libraires en ligne BOL a été fermée dans plusieurs pays dont la France. Disney a purement et simplement arrêté son portail Go.com. Et le portail Vizzavi que Vivendi a lancé avec Vodafone se développe lentement sur le marché naissant des services mobiles ; enfin Newscorp, Viacom et Sony sont à la traîne.

Le deuxième défi que doivent relever ces géants est l'arrivée de concurrents plus petits, mais à forte croissance. Liberty Media, créé par John C. Malone et maintenant séparé d'AT&T, est devenu en peu de temps un des principaux acteurs du câble avec 25 millions d'abonnés dans le monde. En Europe, il a entamé la procédure d'achat des réseaux câblés que Deutsche Telekom avait mis en vente et s'est renforcé dans UPC; d'autre part en vendant à Vivendi la part qu'il détenait dans Multithématiques, il est devenu un actionnaire important du groupe de Jean-Marie Messier.

L'autre entreprise aux dents longues dans le câble européen est Callahan. Egalement dirigée par un américain, créateur de TeleWest et One2One, l'entreprise a 8,5 millions d'abonnés en Allemagne, Belgique et Espagne, où elle construit le réseau ONO pour 2,5 milliards de dollars (le câble est encore très peu répandu en Espagne).

De même, la fusion annoncée entre AT&T Broadband et Comcast crée un ensemble qui pèse lourd dans le câble américain. Or le câble TV a plusieurs atouts importants : il donne directement accès aux consommateurs, permet d'offrir une large gamme de services à haut débit et possède une position-clé dans la chaîne de valeur, face à une multitude de chaînes éparpillées. Mais cela ne veut pas dire qu'il s'agisse malgré tout d'un métier facile où l'argent se ramasse à la pelle comme le montre l'exemple français.

Pour terminer enfin ce bref tour d'horizon des " seconds couteaux ", Kirch, qui a mené de difficiles négociations pour revendre les droits de diffusion de la coupe du monde de football 2002, s'est restructuré et va faire entrer en bourse en 2002 Kirch Media, qui fusionnera à l'occasion avec la filiale télévision ProSiebenSat1. L'entreprise est toutefois délicate, car la société subit une grave crise financière qui la fragilise et on ne sait trop si Newscorp a envie d'acheter Kirch, fortement endettée ou de se débarrasser de sa participation de 22 % dans le bouquet numérique de Kirch, Premiere World, toujours déficitaire, au profit de Liberty Media...

En 2001, c'est Vivendi Universal qui s'est montré le plus actif des " grands ", avec le rachat des actifs de divertissement d'USA Networks, et une prise de participation dans Echostar à la fin de 2001, sans parler du feuilleton en cours pour le rachat du bouquet satellite italien Stream. L'équilibre général du groupe en est fortement affecté. Certains imaginent d'ailleurs que le centre de gravité de l'ensemble, à l'origine européen et articulé autour de Canal Plus et de Cegetel, est en train de se déplacer aux Etats-Unis : dirigé, certes, par un français, mais dans une logique de domination nord-américaine. Business Week, le 31 décembre, croit savoir que Vivendi Universal vise le grand network NBC pour compléter son empire, ce qui aurait des conséquences légales car les chaînes de télévision américaines ne peuvent pas appartenir à des étrangers.

En décembre 2001, la désapprobation quasi-unanime en France des propos du PDG du groupe Vivendi, Jean-Marie Messier : " L'exception culturelle est morte ! Nous devons être à la fois global et local " montre l'ampleur de l'inquiétude des milieux de la communication hexagonaux. Il faut dire que Canal Plus finance 90% des films français en leur consacrant 20 % de son chiffre d'affaires. Les effets pervers de ce système ont été dénoncés à maintes reprises, mais il maintient le cinéma français dans un relatif confort, bien que la chaîne cryptée soit moins encline qu'autrefois à financer des films à petit budget. On craint que la prochaine renégociation de la convention de Canal Plus en 2004 ne bouleverse la donne car les autres systèmes européens sont moins généreux, qu'il s'agisse d'une ponction sur la loterie nationale comme au Royaume-Uni ou d'exemptions fiscales comme en Allemagne.

Enfin NewsCorp, le groupe de Rupert Murdoch a eu une année contrastée. Succès en Inde, où Star TV taille des croupières à Zee TV, ouvertures prometteuses dans le câble de Chine continentale, mais aussi échec dans la tentative de rachat de DirecTV, le plus grand bouquet satellite TV des USA. NewsCorp convoitait DirecTV depuis longtemps, mais s'est fait souffler l'affaire par le deuxième bouquet satellite, EchoStar qui paiera 26 milliards de dollars à General Motors, maison-mère de Hugues Electronics/DirecTv.

Les limites du modèle économique actuel du sport

Michel BERNE
Trois points sont importants dans l'analyse proposée ici : inflation des droits, concentration des acteurs, apparition de nouveaux territoires, comme les mobiles. On sent dans ce domaine aussi que le vent est en train de tourner alors qu'on a connu une croissante étonnante du sport dans les médias.

Inflation des droits sportifs
La décennie précédente a été celle d'une explosion des droits de diffusion radio et télévision pour les événements sportifs, au point d'ailleurs que la directive européenne " Télévision sans frontières " a prévu la possibilité de maintenir en clair les diffusions les plus importantes (la France n'a pas encore établi de liste). De même, certains matches doivent être diffusés sur des télévisions gratuites selon les règles de la Fédération internationale de football (FIFA).
Le système repose sur l'idée simple que les spectateurs (voire les annonceurs) sont prêts à payer très cher pour avoir accès aux images de certains événements sportifs. Les chaînes en profitent d'abord, mais aussi, derrière elles, les organisateurs (ligues, clubs, etc.) et encore plus loin les sportifs eux-mêmes. L'exemple du football est significatif. Les joueurs les mieux payés en France en 2001 (Okocha et Anelka au PSG) touchent des salaires bruts de l'ordre de 150000 Euros par mois. Le budget du PSG en 1999/2000 était de 56 millions d'Euros, dont 34 millions d'Euros pour la masse salariale (60 %) et les transferts de joueurs ont coûté 106 millions d'Euros au PSG, toujours en 1999/2000. En face, les recettes doivent venir des stades (peu), des droits dérivés (plus), des transferts (si on a de la chance) et surtout des droits de diffusion. Les droits de retransmission de la Coupe des Champions sont passés de 0,18 milliards d'Euros en 1998-99 à 0,66 milliards d'Euros en 2000-01. Si le foot est le sport le plus populaire, il n'est pas celui où le star-system est le plus étonnant : Michael Schumacher devrait gagner 100 millions de dollars en 2001.

Donc cette année, " petite année " coincée entre les grandes compétitions de 2000 et celles de 2002, un coup d'arrêt a été donné, car on se met à craindre l'overdose du consommateur de sport télévisé. En 1991, 238 heures de foot avaient été retransmises sur les chaînes françaises ; en 2000, 628 heures. Les audiences ont chuté en 2000/2001 pour la Ligue des Champions en France, Italie, Espagne et Royaume-Uni (seule l'Allemagne a vu une hausse de l'audience). La Ligue nationale de football a eu beaucoup de mal à obtenir 65,5 millions d'Euros sur cinq ans de TF1 pour l'émission Téléfoot, malgré la concurrence de M6. Les grands clubs français essaient de prendre leur indépendance financière pensant mieux se tirer d'affaire ainsi et rattraper les budgets des clubs européens, dont ils sont loin (entre 3 et 5 fois moins).

Mais les droits de rediffusion des grands événements restent inabordables pour les petites chaînes, et en particulier, paradoxalement, pour les chaînes sportives qui doivent se contenter de programmer de l'information. Plus fort encore, Bernard Tapie, revenu à l'Olympique de Marseille, voudrait même taxer les journalistes de la presse écrite comme il l'a déclaré dans Le Journal du Dimanche du 23 décembre: " Si j'étais la Ligue, après la télé et la radio, j'empêcherais la presse écrite spécialisée d'entrer dans le stade. Le football professionnel, ce n'est pas un bien public, il doit y avoir un droit d'utilisation de l'événement ".

Pour illustrer ces propos, à l'international on a vu une forte résistance contre Kirch qui a acheté l'exclusivité des droits de diffusion mondiaux pour les Coupes du Monde de football 2002 et 2006 pour plus de 1,7 milliards d'Euros et cherchait à les revendre à des prix astronomiques. Finalement, tous les pays ont cédé (sauf l'Italie où la situation est confuse). En France, TF1 a obtenu l'exclusivité des droits de télédiffusion pour 168 millions d'Euros. On a dit que la demande initiale était de 200 millions d'Euros, et que les autres chaînes n'étaient prêtes qu'à des achats limités. De son côté, RMC Info a acheté les droits de radiodiffusion en direct pour 0,564 millions d'Euros. Dans le cas de la radio c'est une première et les antennes concurrentes, soutenues par le Gouvernement, ont fait part de leur inquiétude et créé un GIE.

Concentration des acteurs
Kirch s'affirme donc comme le principal acteur du monde du football après la faillite du groupe suisse ISMM-ISL, mais aussi de la Formule Un après sa mainmise quasi totale sur la SLEC, société de gestion des droits de retransmission de ce sport en partenariat avec M. Ecclestone. En face, Sport+ (filiale de Canal Plus/Vivendi), Jean-Claude Darmon et UFA Sports (RTL Group) ont annoncé leur fusion dans Sportfive pour acquérir une taille critique. Le nouvel ensemble contrôlerait 20 % des droits sportifs dans le monde. On voit donc un système relativement concentré se mettre en place, où quelques grands organismes producteurs d'événements sportifs (CIO, grands clubs, fédérations et ligues) confieront la commercialisation du sport à un oligopole de gestionnaires de droits Kirch, IMG McCormack, Team, Canal+/ Darmon/RTL, qui eux-mêmes traiteront avec une poignée de grands diffuseurs. La tentation est d'ailleurs grande de contrôler toute la chaîne : Canal Plus a son grand club sportif (PSG), son stade (Parc des Princes), sa société de droits (Sport+) et ses chaînes ou bouquets de télévision, ses sites web !

Extension du domaine de la lutte (sportive)
A la diffusion traditionnelle, presse télévision et radio, s'ajoutent maintenant les mobiles, les jeux vidéo et Internet. L'année 2001 a vu le développement de stratégies spécifiques de la part des opérateurs mobiles pour offrir des services dédiés, au-delà du traditionnel sponsoring des équipes. Orange, qui a lancé la chaîne " Orange Sport " a ainsi signé, entre autres, un accord avec la plupart des clubs de foot de 1ère division qui lui donne l'exclusivité de la diffusion de résultats et informations sportives sur les terminaux mobiles, au grand dam de la Ligue nationale de football, détentrice des droits de diffusion traditionnels. SFR a répliqué par un accord avec la Fédération française de football (FFF). Le paysage réglementaire devra absolument être éclairci lorsque le GPRS et l'UMTS seront commercialisés, car il sera alors possible de transmettre des images de meilleure qualité. Par ailleurs, une carte prépayée vendue par Mobip en France permet de recevoir des SMS de résultats de football.

Chez l'éditeur de jeux vidéo Electronic Arts, les jeux sportifs représentent 50 % des ventes. Ici encore, la FIFA et les autres organismes vendent des licences et les jeux donnent maintenant des images très réalistes des stars sportives. L'éventail des sports représentés est très large, du golf au basket avec un fort développement des sports " extrêmes ", dont le skate board.

Concernant Internet, la reconnaissance de ce nouveau média progresse : le CIO a autorisé pour la première fois des journalistes de sites web sportifs à suivre les Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002.

Enfin, Internet commence à avoir aussi un impact sur les supporters sportifs. Non pas que les sites d'information fassent fortune, mais parce que les supporters ont monté leurs propres sites. Les hooligans utiliseraient ainsi dans toute l'Europe Internet pour diffuser de l'information avant les matches et donner des comptes-rendus de leurs " exploits " après…

Edition

Michel BERNE
Nous avions largement évoqué l'an dernier les débuts difficiles du livre électronique, qui n'arrive toujours pas à décoller, et les grandes espérances de la librairie en ligne. Cette année, l'intérêt se porte sur l'édition scolaire où de grandes manœuvres ont lieu.

Amazon ne gagne toujours pas d'argent, mais a survécu, ce qui est une sorte de prouesse. En France, la bataille est extrêmement serrée avec la FNAC et alapage.fr alors que chapitre.com s'est spécia-lisé dans le livre rare. Le système du prix unique du livre et la puissance phénoménale de la FNAC dans notre pays gênent le développement de l'entreprise américaine et ont été fatals à bol.fr, la co-entreprise de Vivendi et Bertelsmann qui a fermé ses portes en juillet.

A part ça, l'édition française va bien, ce qui est une nouveauté ! Elle se permet même un soupçon de surproduction. 369 romans étaient proposés lors de rentrée littéraire de l'automne 2001, dont 84 nouveaux romans, et le reste est à l'avenant…

Le prix unique du livre, dont on fêtait les 20 ans cette année est conforté. Les Allemands s'apprêtent à légiférer en ce sens après que la Commission européenne ait exigé la fin de l'accord interprofessionnel qui en tenait lieu.

La mondialisation de l'édition scolaire est en marche. Initiée par Pearson, le mouvement s'est continué cette année quand Vivendi Universal Publishing a racheté l'éditeur américain Houghton Mifflin pour 2,2 milliards de dollars. A ces deux protagonistes il faut ajouter McGraw Hill, Thomson Learning et Reed-Elsevier. Les investis-sements dans la conception des manuels scolaires (et parascolaires) sont de plus en lourds (sites web, multimédia…), mais le développement et l'internationalisation de l'éducation dégagent des perspectives intéressantes. Le marché mondial avait déjà été estimé à 2 000 milliards de dollars en 1999 par Merrill Lynch. Tous les grands ont aussi des projets ou des expériences dans deux domaines : le cartable électronique (testé en France par Nathan et Bordas) et les portails éducatifs, où ils sont rejoints par les grands acteurs de l'Internet. France Télécom, par exemple, mise beaucoup sur le développement de son offre qui comprend plusieurs portails : apreslecole.fr pour les enfants, educavie pour les enseignants.

Un bel avenir : le stylo et le papier surdoués

Mabel Seijas
La Très Grande Bibliothèque a organisé cette année une très belle exposition ayant pour objet : " Les manuscrits de grands écrivains ". Quel plaisir de contempler l'écriture démesurée, presque hors limite de Hugo, la ferveur minutieuse dans celle de Proust. Il y avait plus d'une centaine de représentants depuis le Moyen Age, textes ouverts à nous, avec leurs égratignures, leurs ajouts, leurs corrections. Textes ouverts, vivants en ce qu'ils nous racontent au-delà des mots une géographie faite de réflexion, de doutes et de certitudes, témoin des épreuves de l'écriture. L'écriture comme empreinte, sceau individuel et unique est loin de perdre du terrain. Au contraire les individus semblent avoir besoin de préserver le geste de " manu écrire ", et n'arrivent pas à se séparer pour toujours du crayon.

Beaucoup d'attentes naissent quand on annonce un système révolutionnaire dans la technologie : la possibilité de transférer un manuscrit. On dirait un jeu d'enfants, une sorte d'ardoise magique où on peut dessiner avec un petit bâtonnet ! Mais voyons de plus près.

Anoto, entreprise suédoise (créée en 1999 et filiale de CTechnologies) a conçu un système complet qui allie le papier électronique à un stylo numérique hyper-puissant. Ce stylo, d'une apparence simple (bientôt miniaturisé pour permettre une meilleure maniabilité), cache son ultra-sophistication " high-tech " : doté de plusieurs composants : caméra infrarouge, mémoire, émetteur radio, microprocesseur et bien sur d'une batterie et d'une bille, il peut capter 100 images (d'écriture, de dessin) par seconde. En plus du stockage des informations il est capable, (grâce à Bluetooth) de les transmettre vers un ordinateur, un fax ou un mobile. Il suffit de cliquer sur " envoyer " !

Voyons maintenant la deuxième partie de ce nouveau couple : le papier numérique. Hamelin (partenaire en Europe d'Anoto qui a inventé le système de trame), premier groupe de papeterie du continent, annonce l'arrivée du papier numérique en 2002. Ce papier se différencie à peine du traditionnel puisqu'il a une teinte plus grisâtre. A croire à cette affirmation nous serions arrivés à la fin de la saga de la recherche du nouveau papier qui a commencé il y a tout juste vingt ans ! !

Autre recherche commencée par Nicolas Sheridan (Gyricon Media dont le grand actionnaire est Xerox), qui vient de présenter le " SMART PAPER " : des micro-billes bicolores, chargées d'électricité, enveloppées entre deux feuilles de plastique. L'autre acteur principal de cette histoire est E-Ink, déjà assez connu, (avec lequel vient de s'associer Philips), qui semble se concentrer maintenant sur les écrans portables et flexibles, en faisant un pari sur la variété de couleurs.

Voici donc qu'Anoto semble prendre l'avantage : la trame de son papier est constitué par des points de 0,1 mm de diamètre, chacun possédant un code unique dont la combinatoire permet de couvrir 880000 milliards de feuilles A4. Le stylo est en mesure d'enregistrer une série de données et de l'envoyer.

Le système semble séduisant et prometteur. La prévision de vente pour le stylo est d'un milliard d'unités (avec un prix initial d'environ 300 Euros qui pourrait descendre à 100 Euros) d'ici cinq années. Les licences non exclusives sur lesquelles mise Anoto comptent déjà sur Ericsson pour commercialiser les premiers modèles avec Mont-Blanc et Palm dans le futur. Pour le papier Anoto les partenaires sont le groupe Mead aux Etats-Unis et Kokuyo au Japon, en plus de son associé européen.

La fascination face à la simplicité et la complexité cachées dans ces produits est réelle, les futures applications à peine soupçonnées. Si déjà on parle de cartes postales, de plans de villes, de magazines et journaux, de différentes formes de publicité, envisageons-nous tous les domaines qui pourraient être transformés ? Vraie révolution en perspective, le transfert de l'écriture qui franchit l'espace. Il n'y rien de plus étonnant que ce " retour aux classiques " revêtu d'une nouvelle dimension hyper-sophistiquée !

 

Mabel Seijas

 
 
coin médias

institut national des télécommunications