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En France, on note une fréquentation record et la remontée (surprise) des films nationaux. Le fabuleux destin d'Amélie Poulain connaît un succès international, et requinque même les New-yorkais après les événements de septembre. Dans le même temps, comme nous l'avons dit dans le paragraphe introductif de ce chapitre, on pressent la fin d'une époque pendant laquelle Canal Plus a joué au grand argentier de la production française. Tels sont les paradoxes de l'année cinématographique 2001 en France.

Cinéma

Les écarts se creusent entre films. D'un côté, d'année en année les films à gros budgets sont sortis simultanément dans un très grand nombre de salles. Ainsi, Harry Potter a bénéficié de 882 copies ou le Seigneur des anneaux de 869 copies alors qu'il y a environ 5000 salles en France. Ceci a pour conséquence de raccourcir l'exploitation des films. Et dans le même temps, de nombreux films ne sont distribués que pour la forme, pour des raisons réglementaires et retirés de l'affiche au plus tôt. Grâce aux cartes prépayées, les " petits " films sont maintenant distribués dans les multiplexes, où, selon une étude du CNC, ils ont une audience honorable, privant de clientèle les cinémas indépendants. Mais leur carrière est très courte.

Chiffres-clés du cinéma français 2001
Les principaux films (millions de spectateurs)
Fréquentation : 185 millions de spectateurs (+11,4 %)
Part des films français : 41 % environ (28,5 % en 2000)
Films distribués : 521 (219 français, 166 américains,
136 autres - qui n'ont que 10 % de part de marché)
Films produits : 200 environ
Cartes illimitées : 6 % des entrées au premier semestre (21 % à Paris)
1 Le fabuleux destin d'Amélie Poulain 8,1 (+ 9 à l'étranger)
2 La vérité si je mens 2 7,9
3 Harry Potter à l'école des sorciers 7,0 (sorti en décembre)
4 Le placard 5,3
5 Le pacte des loups 5,2
Source : Ecran total, 9 janvier 2001 et CNC

Si les cartes prépayées ont eu des effets bénéfiques sur la fréquentation des cinémas, elles ne semblent toujours pas rentables et surtout, il a fallu " faire la police " des salles : UGC déclarait en mars 2001 avoir retiré beaucoup de cartes à des spectateurs " perturbateurs " et les multiplexes ont engagé des vigiles.

Aux USA, malgré une fréquentation record, les exploitants de salle sont dans la déprime suite à des surinvestissements massifs. Ainsi AMC va fermer 546 écrans, dans 80 de ses 186 complexes. L'industrie a été de plus totalement choquée par les événements de septembre. Heureusement, en fin d'année, Harry Potter (123 millions de dollars de coûts, 93,5 millions de dollars de recettes lors du premier week-end d'exploitation sur 8200 écrans) et Le seigneur des anneaux ont battu des records.

L'année 2000 avait marqué un tournant " psychologique " dans l'arrivée du cinéma numérique. Non seulement la totalité de la chaîne technique était devenue disponible, des caméras aux prototypes de projecteurs numériques (DLP de Texas Instruments), mais les plus grands cinéastes avaient déclaré qu'ils envisageaient cette transition avec confiance. En 2001, on a constaté la généralisation des tournages numériques et des " films virtuels " (Final Fantasy, Shrek, Vidocq) et, prudemment, on prépare la distribution en ligne. Ainsi, en août cinq des plus grands studios de cinéma américains (MGM, Paramount, Sony, Universal et Warner) se sont associés pour lancer un service de distribution de films à la demande en large bande aux Etats-Unis en utilisant les lecteurs Microsoft et RealNetworks. Les enjeux sont très importants stratégiquement (Disney, Fox et Dreamworks n'ont pas rejoint le consortium), économiquement (il ne faut pas détruire la fragile économie du câble et de la distribution cinématographique), techniquement (on dit que plus de 400 000 films piratés seraient échangés chaque jour sur Internet où le DIVX fait des ravages) et réglementairement (comme dans le cas de la musique, pour laquelle ont été créées deux grandes plates-formes de distribution seulement, cette initiative pose des problèmes de droit de la concurrence).

Télévision

L'année télévisuelle en France, et plus largement en Europe, a été dominée par les émissions de télé-réalité. Aux Etats-Unis, ce sont les conséquences des attaques terroristes de septembre qu'il faut retenir (voir à ce sujet le chapitre introductif).

Le PAF
En France, l'année 2001 a été dominée par le combat devenu frontal entre TF1 et M6. La " petite chaîne qui monte " est devenue grande et elle commence à gêner sérieusement la première chaîne française sur deux terrains. Le premier, pour le moment le moindre, est celui du sport : M6, qui s'était toujours glorifiée de ne pas s'intéresser au foot (et de pratiquer une contre-programmation de circonstance) avait déjà pris une participation dans les Girondins de Bordeaux. Mais une étape a été franchie cette année quand la chaîne a diffusé pour la première fois un match en juillet.

L'année du Loft
Le deuxième terrain d'affrontement est celui des jeux. Nous avions vu les premières manifestations de la " télé-réalité " à l'étranger dans notre étude de l'année 2000. M6 a " ouvert le feu " la première en France au printemps avec Loft Story avec un succès phénoménal. TF1 a répliqué pendant l'été avec Les aventuriers de Koh Lanta ; à l'automne, M6 a ouvert un nouveau front avec Popstars, suivi de peu par Star Academy de TF1. Chaque lancement a donné lieu a une intense polémique entre les deux chaînes qui se sont mutuellement accusées de plagiat et mensonge. Il faut dire que l'enjeu est de taille car TF1 attire, d'habitude, une audience de l'ordre du tiers du total, mais récolte plus de la moitié des recettes publicitaires et craint d'être déstabilisée financièrement si son audience baisse.

Quelques nouvelles dérangeantes des médias

100 membres des médias ont été tués dans l'exercice de leur travail en 2001 (Fédération internationale des journalistes).

Emeute lors de la réouverture du cinéma de Kaboul après 6 années. Le public était exclusivement masculin.

Michael Bloomberg, créateur du groupe d'information financière qui porte son nom, est élu maire de New York après avoir dépensé la somme incroyable de 60 millions de dollars lors de la campagne.

Bernard Pivot arrête l'émission " Bouillon de culture " en juin.

Le CSA est amené à se prononcer sur plusieurs points et la Ministre de la Culture demande un rapport, Popstars ayant bénéficié d'un soutien public en tant qu'œuvre audiovisuelle…

L'affaire est d'autant plus compliquée que le producteur de Loft Story et de Star Academy est le même, le hollandais Endemol, inventeur du concept " Big Brother ". Ainsi la productrice de Loft Story sur M6, Alexia Laroche-Joubert se recycle en directrice de l'Académie de TF1 ! Et quand Le Parisien titre le 22 décembre " L'album des académiciens sort ", le quotidien n'annonce pas que les immortels se mettent à pousser la chansonnette, mais, que les lauréats de Star Academy présentent le fruit de leur travail… Tous ces jeux donnent lieu à une intense production de produits dérivés comme le montre le tableau (certainement incomplet) ci-dessous. Les SMS et les appels téléphoniques ont combiné rentabilité financière et interactivité à cause de leur énorme succès. Loft Story a donc créé un choc : la télé-réalité marque une nouvelle vision de la télévision, même si M6 prend bien soin de dire que l'émission n'est pas son seul atout.

Les revenus de Loft Story (38 millions d'Euros ?)

Les chiffres d'audience de Loft Story sont excellents (6,9 millions de téléspectateurs en moyenne, et 7,7 millions lors de la finale qui a consacré Loana et Christophe). Toutefois l'effet " Loft " ne dure pas, dès la fin de l'émission M6 repasse derrière France 3.
Mais l'impact est fantastique : tout le monde ne parle que ce ça. Les sites web fleurissent , les parodies font rage, au moins huit livres sont publiés sur le sujet et un comité se crée pour " libérer " les participants, provoquant des bagarres devant le Loft. Les avis sont partagés et les critiques portent sur plusieurs points. En partant des moins graves, on peut citer la savante scénarisation d'une tranche de vie, finalement assez terne, de jeunes désœuvrés, car enfermés, ce qui a fait naître des soupçons de manipulation du jeu pour le rendre plus télégénique (au risque de déformer sérieusement l'image des lofteurs) ; les contrats léonins que les participants ont dû signer ; les atteintes à la vie privée et à la dignité humaine (le CSA est intervenu) ; à un autre niveau, selon Thomas Ferenczi, le jeu " fait d'un petit groupe de jeunes gens des cobayes au service d'une expérience qui n'a pas d'autre but que de distraire " et la revue Esprit dénonce la perversité d'un dispositif où " ceux-là même qui doivent se séduire doivent aussi s'exclure ", le souhait le plus cher des producteurs étant de susciter une belle et croustillante histoire d'amour… Jérôme Clément (Arte) parle de " fascisme rampant " dans un long article paru dans Le Monde; le professeur de sciences de la communication Daniel Bougnoux annonce " le plébiscite de l'homme quelconque et fier de l'être " et on évoque le triste idéal de la jeunesse qui semble se limiter à devenir célèbre, à n'importe quel prix. TF1, passablement déstabilisée, posait la question: " Peut-on tout montrer à la télévision ? " .

La publicité (+ 10 % de recettes brutes en mai)

Les appels téléphoniques (0,56 centimes d'Euros par appel, 22 millions d'appels, 1,2 millions d'Euros engrangés par M6) Les SMS (15 centimes d'Euros par appel)

L'abonnement à une chaîne spécifique sur TPS (11 Euros, 115 000 abonnés)

Les visites sur le site web de M6

Le disque des " lofteurs " (200 000 exemplaires)

Le magazine du Loft (1er numéro : 230 000 exemplaires)

La cassette vidéo du Loft (pas un grand succès, 2200 exemplaires vendus ?)

Les vêtements griffés " Loft "

La vente des objets du Loft (qui avaient été fournis par Ikéa, qui s'en est frotté les mains…)

Les droits sur les productions personnelles des lofteurs (le livre de Loana, etc.)

Nota : le coût de l'émission est estimé entre 15 et 26 millions d'Euros

Et pourtant, Loft Story a remporté le 7 d'or de la meilleure émission de jeu. Pour sa défense (en dehors du voyeurisme que bien peu veulent avouer), on cite pêle-mêle les arguments suivants : le jeu n'est qu'un miroir de notre société, il est un utile révélateur de sa diversité ethnique et sociale, de l'évolution de comportements; il a un rôle pédagogique, les plus jeunes peuvent faire leur éducation sentimentale et sociale sur M6, il répond à une demande très forte des jeunes sur des sujets non abordés dans la presse ; comme le résume Pascal Josèphe, président de IMCA, Loft Story répond aux trois attentes principales des téléspectateurs : " sincérité, proximité et transparence " . (Le Monde, 29 mai 2001)

Ce type de jeu, dont nous avions montré l'an dernier la diffusion internationale, a en fait une durée de vie assez faible. La première édition a en général un succès considérable (en Grèce, tous les records ont été battus le 31/12 avec la finale de " Big Brother " sur ANT1, qui a obtenu 81 % d'audience), puis l'intérêt diminue rapidement. Dans l'actualité de l'année, citons " Za stiklom " (derrière la vitre) qui se déroulait en Russie sur TV6 dans un appartement en plein centre de Moscou. Mais aux Pays-Bas " Big Diet ", où les participants devaient maigrir devant les caméras, a fait un flop et aux Etats-Unis, ce genre d'émission a été déprogrammé à la suite des événements du 11 septembre.

Les autres chaînes
Du coup, la concurrence traditionnelle entre TF1 et France 2 passe au second plan. Le service public n'a ni les moyens de suivre la chaîne privée sur le plan du sport (TF1 ayant acheté l'exclusivité des droits télévisés de la coupe du monde de football à Kirch), ni l'envie de se lancer dans les programmes de télé-réalité qui brouilleraient son image " populaire et de qualité ". C'est donc une année presque paisible que le service public a connue, en attendant les grandes manœuvres de la télévision numérique de terre. En vendant sa participation dans TPS en fin d'année à TF1, France Télévision confirmé son choix du terrestre hertzien (voir plus loin).

Dans le nouveau paysage audiovisuel, Canal Plus peine à trouver sa place. Son exclusivité est battue en brèche alors que l'offre de cinéma et de sport s'est multipliée. Le bouquet TPS a même lancé une chaîne directement concurrente, TPS Star. La programmation coûte de plus en plus cher : Canal Plus a toujours été le financier essentiel du cinéma français, et le montant des droits sportifs a explosé. On peut rajouter que le " grand " style Canal, personnifié par le sphinx de la programmation Alain de Greef a vieilli. Et enfin Vivendi, propriétaire de la chaîne a des ambitions planétaires… Tout ceci explique la sérieuse remise en ordre qui a eu lieu en 2001. L'émission phare diffusée en clair NPA (Nulle part ailleurs) disparaît. Pas moins de quatre livres et des quantités de déclaration plus ou moins fielleuses des anciens barons, des observateurs du secteur et même du patron Pierre Lescure paraissent pour illustrer ou démolir la nouvelle stratégie de la chaîne dont on dit que le nombre d'abonnés serait en décroissance. La décision de programmer des courses de chevaux illustre bien le lent cheminement de la chaîne payante.

Les chaînes thématiques avaient beaucoup bénéficié des offres numériques, qui continuent à progresser (CanalSatellite termine 2001 avec 1,8 millions d'abonnés et TPS avec 1,1 millions). L'heure est maintenant à la rentabilité et les projets se font plus rares. La publication de chiffres affinés par Mediamétrie permet de constater que plusieurs d'entre elles n'ont pas d'audience mesurable comme la catholique KTO ou Santé-Vie, Régions… L'initiative sans doute la plus intéressante est sans doute celle du groupe Lagardère qui a créé Match TV, chaîne people inspirée par l'hebdomadaire Paris-Match. On dit que le groupe aurait en projet des chaînes similaires calées sur les autres publications maison, comme Elle.

Enfin les webTV (CanalWeb, Nouvo, etc.) ont toutes sombré ou abandonné le créneau du grand public : audience trop faible, pas de revenus publicitaires. Le marché des entreprises reste toutefois prometteur.

Les chaînes qui disparaissent ou fusionnent
Les chaînes thématiques lancées en 2001

Muzzik, qui fusionne avec Mezzo (musique classique) Initiés TV (finance), Wishline (luxe)
Planète Forum (remplacée par Planète Future)

TPS Star
Match TV (people)
Cuisine TV (Farrugia)
TVST (pour sourds et malentendants)
Canal 32 Troyes (France Antilles)
TV7 Bordeaux (Sud-Ouest et Laboratoires Fabre)
Nota : une quinzaine de projets de chaînes ont été reportés à 2002 (ou au-delà…)

Ailleurs dans le monde
En Europe, c'est la situation italienne qui est la plus intéressante avec l'arrivée au pouvoir de Silvio Berlusconi qui est aussi le propriétaire du premier groupe privé de télévision, Mediaset. Deux affaires ont envenimé les relations de l'audiovisuel public, la RAI et du gouvernement. Dans la première, la RAI a porté plainte contre le gouvernement dans une sombre affaire de rachat des émetteurs du groupe par une entreprise américaine. Mais la principale bataille porte sur la volonté de M . Berlusconi et de son gouvernement de mettre au pas la RAI, lors du renouvellement du Conseil d'administration de février 2002 et de vendre deux chaînes publiques en n'en gardant qu'une, strictement de service public (information et formation). La manœuvre, qui suscite beaucoup d'opposition car elle renforcera dans tous les cas Mediaset, pourrait avoir lieu dès 2002. Telecom Italia, qui avait décidé d'investir dans la 7 (ex-Monte Carlo) a décidé de renoncer et céder ses participations à des banques.

La transition numérique
Et pendant ce temps, le feuilleton de la transition des quelques 1300 stations commerciales américaines vers la télévision numérique (de haute définition) continue… Le nombre de stations ayant entamé la diffusion numérique croît régulièrement, un peu moins de 200 en juillet 2001. Selon le consultant SCRI, 84 % des stations prévoient être passées, partiellement, au numérique à fin 2002, mais on est loin du compte. Les chaînes ont donc demandé un assouplissement du calendrier qui exigeait que toutes stations aient entamé la diffusion numérique au 1er mai 2002 et elle l'ont obtenu pour les stations qui pourraient démontrer avoir des difficultés.

En France, le gouvernement et le CSA lancent le processus de candidatures à la Télévision Numérique Terrestre (TNT) avec 33 chaînes en 6/7 multiplexes à démarrer début 2003. Huit canaux seront attribués au service public et trois à la télévision locale. Mais il y a peu d'enthousiasme sauf chez France Télévision et chez certains " exclus " du système actuel. Il faut dire que la TNT n'est pas un éclatant succès là où elle a été offerte comme en Espagne, Suède et Grande-Bretagne. Au Royaume-Uni OnDigital, lancée dès 1998 et rebaptisé ITV Digital, peine à attirer les abonnés. La BBC qui lance également un bouquet de chaînes numériques a entamé des négociations avec ITV pour développer un décodeur unique pour les deux offres. Et BT - qui en fait une arme dans sa bataille contre les câblo-opérateurs britanniques - a lancé une offre couplant télévision numérique (ITV ou Sky) et ligne téléphonique. Mais il n'est pas sûr qu'ITV Digital soit l'offre la plus populaire…

Enfin, dans le monde de la diffusion par satellite, l'heure est aux fusions, après celle de la concurrence débridée qui prévalait jusqu'alors. En France, CanalSatellite a annoncé publiquement souhaiter sa fusion avec TPS - qui n'a pas donné suite à ce jour. Toutefois le capital de TPS a été restructuré, France Télévision et France Télécom (toutes les deux à la recherche d'argent frais) ayant vendu leurs parts à TF1. A fin 2001, le capital de TPS était donc détenu à égalité par TF1 et le bloc M6-Suez.

En Italie, le projet de fusion Stream-Telepiu est décidé par les deux opérateurs, mais n'obtient pas le feu vert réglementaire. La situation est très difficile car le Premier ministre, Silvio Berlusconi, est aussi un magnat de l'audiovisuel. En décembre, il semble que Murdoch, qui est le principal actionnaire de Stream, soit décidé à vendre les actifs de cet opérateur à Telepiu, qui devrait alors chercher de nouveaux alliés pour satisfaire au droit de la concurrence. Mais en novembre, Canal Plus et UPC ont reçu l'autorisation officielle de fusionner dans la nouvelle compagnie TKP leurs deux bouquets numériques polonais Cyfra+ et Wijza TV. Et pour terminer, comme nous l'avons déjà expliqué, General Electric a vendu sa filiale Hugues, opérateur du principal bouquet satellite DirecTV à son rival EchoStar. Naturellement, les autorités américaines auront à approuver cette fusion géante (qui regroupera 90 % des abonnés satellitaires américains) ainsi que celle de Comcast avec AT&T Broadband.

Le piratage des bouquets satellites et câblés devient extrêmement préoccupant. On cite les chiffres de 50 000 cartes pirates pour TPS et 100 000 pour Canal Satellite , mais le mal touche aussi d'autres pays comme l'Italie (2 millions de pirates ?) ou la Pologne et l'Afrique du Nord (ce qui tue la télévision berbère et a contraint Canal Horizons à interrompre sa diffusion en Tunisie) Les deux bouquets français essaient de lutter en envoyant des signaux censés détruire les cartes pirates, mais les résultats ne semblent pas absolument concluants. Il faudrait changer les systèmes d'accès ce qui est fort cher. En 2002, Canal Satellite va introduire une nouvelle génération de décodeurs qui devrait, pour un temps, résoudre le problème.

Dans ces conditions, la maîtrise des décodeurs devient plus stratégique que jamais. Microsoft a subi de nombreux revers dans ce domaine en 2001. Son décodeur, distribué par le câblo-opérateur portugais TV Cabo a subi des ennuis techniques ; NTL a renoncé à poursuivre les développements de décodeurs avec Microsoft et Motorola a choisi Linux pour développer son décodeur avancé DCT-5000.

Notes
1. On recense 400 sites personnels ; voir aussi : http://www.telerealite.com, http://www.cyberhumanisme.com
2. Le Monde, 5 mai 2001. Le grand journal du soir, comme tous les autres, s'est passionné pour l'émission et a régulièrement servi de tribune à ses détracteurs comme à ses défenseurs.
3. Patrick Le Lay, PDG de TF1, Le Monde, 11 mai 2001
4. Le Monde, 20/12/01

Radio

En France la radio continue à bien se porter en 2001, qui n'est pas une année exceptionnelle. RTL a fait amende honorable et rappelé Philippe Bouvard aux Grosses Têtes… mais cela n'empêche pas la chute de l'audience de la station de se poursuivre doucement.

Taux d'écoute des stations de radio en France (sept.-oct. 2001)

A cause des événements de l'automne, France Info prend la deuxième place. RMC déménage à Paris, se repositionne sur un format news et, comme nous l'avons expliqué dans le paragraphe consacré au sport, achète l'exclusivité de la diffusion en direct des matches de la Coupe du monde de football de 2002. Cela devrait doper son audience qui est actuellement de 2,5 %. Signalons enfin que Radio France dispose maintenant d'une fréquence pour sa station jeunes Le Mouv à Paris.

RTL 13,1 %
France Info 13,2 %
NRJ 12,3 %
France Inter 11,5 %
Europe 1 11,0 %
Source : Médiamétrie

Presse

Dans la presse aussi, l'heure n'est plus aux grands projets mais à la rentabilité… Ainsi les sites web et suppléments cyber que nous avions détaillés l'an dernier ont fait les frais de réalignements " stratégiques ".
Le Monde a arrêté son excellent supplément hebdomadaire Interactif, suivant l'exemple de Libération. Le Figaro, qui avait longuement hésité à lancer son site web l'a réduit à la portion congrue à la fin de l'année. Pourtant les audiences se sont révélées exceptionnelles lors de la crise de septembre.

La situation est beaucoup plus grave pour toutes les publications gravitant autour de la " nouvelle économie " ou des nouvelles technologies. Ainsi Future(s), a disparu, Transfert et NewBiz sont rachetés par l'Ile des Médias. Vivendi Universal Publishing se recentre sur le grand public et vend toute sa presse professionnelle à Cinven pour 2 milliards d'Euros.

Comme pour la télévision, les recettes publicitaires ont connu une brusque chute après septembre, ce qui se traduit par une dégradation sensible des résultats. Ainsi le Financial Times (groupe Pearson) pourrait voir ses bénéfices chuter de 40 % par rapport à 2000. Le Matin de Bruxelles, Diario 16 à Madrid ont cessé de paraître. Et L'Humanité, renflouée par des entreprises (très capitalistes) perd toujours de l'argent (de l'ordre de 5,8 millions d'Euros) et licencie.

Michel Berne et Carl Storz

 
 
coin médias

institut national des télécommunications