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Le ralentissement économique général, la suite de l'éclatement de la bulle Internet et les difficultés des sociétés de télécommunications sont les raisons majeures qui poussent les entreprises à licencier par charrettes et à embaucher au goutte à goutte. L'emploi dans le secteur ne s'améliore guère et le Président Chirac demande fin octobre au Conseil des ministres des Quinze de venir en aide aux acteurs sinistrés des télécommunications. Des mesures de soutien seront accordées par le Conseil début décembre, mais sans financement public.

  puce_jaune Marie-Noëlle BLANCHETEAU 

Un contexte général de crise

Selon US Business le nombre de suppressions d'emplois aux Etats-Unis serait de 1, 3 million pour l'année 2002 (inférieur il est vrai aux 1,7 million de postes supprimés sur la même période de l'année dernière). Là-bas, le taux de chômage est de 6 % au cours du mois de novembre, soit le chiffre le plus élevé depuis 8 ans, mais dans une ville comme Santa Clara au sein de la Silicon Valley le taux est de 7,8 %. Selon la société Challenger Gray & Christmas, la filière Télécom, Informatique et High-tech aurait ainsi licencié 385 000 salariés depuis le début de l'année. Pour ces raisons, le gouvernement Bush décide en mars 2002, la prolongation exceptionnelle de 13 semaines de la durée d'indemnisation du chômage s'ajoutant aux 26 semaines d'indemni-sation classique.

En Allemagne, le chômage repasse en données brutes au dessus du seuil politiquement sensible des quatre millions, au Japon, le taux est de 5,5 %. boite emploi

En France le taux de chômage atteint les 9 % et la " Tregor Valley " est durement touchée. Le déficit du régime d'assurance-chômage français repart car les licenciements économiques de l'année 2001 ont conduit au chômage des salariés particulièrement qualifiés (et ayant par conséquent des droits beaucoup plus importants que le niveau moyen d'indemnisation qui est à 878 €) bien que le nombre de chômeurs sortis de l'indemnisation pour fin de droits et le nombre de radiations atteignent des niveaux records. Les salons de recrutement sont très calmes : en janvier 2002, le salon Prosearch se limite aux profils techniques de développement confirmés et les cabinets de conseil en sont absents, en février le Forum des télécommunications est morne avec seulement 94 exposants dont certains ne recrutent pas.

L'évolution des différents secteurs : High Tech, les opérateurs et les fournisseurs d'accès Internet, les éditeurs de logiciels, les sociétés de services, les médias, le commerce électronique, l'externalisation des services informatiques .


Les licenciements s'effectuent au fil des mois sans se ralentir avec quelques journées noires comme le 26 juin au cours de laquelle Alcatel annonce 10 000 suppressions d'emplois et Worldcom 16 000.

cliquer pour avoir le début du documentLes industriels de la high-tech

Les fabricants d'équipements qu'ils soient de télécoms, d'électronique, d'informatique n'en finissent pas de se restructurer. Des informations complémentaires peuvent être trouvées dans le paragraphe consacré à la crise de l'optique dans le chapitre consacré aux équipementiers télécoms, à l'électronique et à l'informatique.

Applied Materials (semi-conducteurs) supprime 1750 emplois (après un premier plan en septembre 2001 de 3700 personnes), AMD (moins 2000 personnes sur 13 000 salariés), Brocade (commutateurs SAN), licencie 12 % de ses effectifs, Ciena (équipements de transport optique DWDM) supprime encore 450 salariés de ses effectifs et Corning ferme 4 usines avec suppression de 2200 postes.
Ericsson malgré les 22 000 postes supprimés en 2001 entame un nouveau plan de 25 000 licenciements supplémentaires et externalise son pôle de développement. Ericsson France supprime 239 postes sur 815 et va transférer 188 personnes vers le groupe informatique Teleca.

Après le rachat de PWC, IBM se sépare de 21 600 personnes dans l'année sur un effectif mondial de 318 000 personnes. En Hongrie, IBM effectue le licenciement collectif le plus important de l'histoire moderne du pays avec 2200 emplois. En Hongrie également, Flextronics supprime 1 100 emplois.

Les constructeurs japonais sont également obligés de continuer de réduire leurs effectifs : Fujitsu (moins 3 000 postes sur 170 000 malgré les 17 000 licenciements effectués entre fin mars 2001 et mars 2002) réduit son conseil d'administration de 32 à 7 membres pour " accélérer les prises de décision " ; Hitachi effectue 4 000 suppres-sions d'emploi supplémentaires ; NEC se recentre sur l'infrastructure et les services et envisage de filialiser sa production de semi-conducteurs pour y transférer 25 000 personnes ; Sony Corp licencie 13 700 personnes principalement dans le secteur électronique et musical en mars pour ne conserver que 168 000 salariés ; Toshiba déloca-lise aussi la production de ses portables en Chine et l'usine de Hangzhou au sud-est du pays démarre la production d'ordinateurs de moyenne et haut de gamme (750 000/an) avec 1 700 salariés ; TDK (semi-conducteurs) annonce en février 900 suppressions d'emplois en plus des 6380 supprimés depuis novembre 2001.

Les constructeurs américains réduisent également leurs troupes : l'informaticien Gateway effectue un nouveau plan social de 2250 emplois, soit 16 % de ses effectifs actuels et ferme 19 points de vente, sur un total d'environ 300 ; Intel supprime 4 000 postes ; JDSUniphase, (- 16 000 personnes en 2001), effectue en avril une seconde vague de 2 000 licenciements ; LSI Logic (semi-conducteurs) arrête la fabrication des puces et effectue 1 400 licenciements (soit 20 % de ses effectifs) ; Lucent (106 000 personnes en janvier 2001) organise une nouvelle vague de licenciements de 10 000 salariés pour atteindre les 35 000 employés en début 2003; Motorola, nouveau plan de restructuration avec 7000 emplois supplémentaires (soit 7 % de ses effectifs) ; Quantum (équipements de stockage) licencie 1100 personnes et Tellabs supprime 2000 postes (18 % de ses effectifs).
Le " New HP " (résultat de la fusion HP-Compaq) se réorganise et entame un programme de réduction de coûts. Environ 10 000 emplois sont supprimés avant le 1er novembre, et 5000 en 2003. Cette restructuration entraînera une charge de 1,35 milliard de dollars dans les comptes du deuxième semestre 2002. Les premières annonces concernent l'Asie du Sud-Est où 10 % des effectifs sont remerciés en juin et 4000 CDD non renouvelés. La restructuration de HP France est particulièrement dure malgré trois mouvements syndicaux car 1 106 salariés (21% des effectifs) sont licenciés alors que dans les autres pays européens, le pourcentage des effectifs supprimés est nettement moindre.

Au Canada, Nortel (94 000 personnes au 1-1-2001 contre 52 600 personnes, un an plus tard) engage dès février, 4 000 suppressions d'emplois supplémentaires. En Grande Bretagne, Marconi, toujours au bord de la faillite annonce 4 000 licenciements supplémentaires en janvier et en juillet un nouveau plan social de 1 000 personnes. Nokia supprime 300 postes dont 250 en Finlande après avoir supprimé 4 600 postes en 2001.

Le néerlandais Philips ferme son usine d'Albuquerque (N.M.-USA) et son département O.S. (stockage optique de données) au niveau mondial. L'usine limbourgeoise de Hasselt qui occupait 957 salariés est supprimée et l'activité est transférée à Taiwan. Les 458 personnes qui restent à Hasselt passent sous le contrôle de la société américaine Jabil, à qui Philips a revendu ses activités de sous-traitance électronique au niveau mondial ; ASML, fabricant de systèmes de gravure sur silicium licencie 1 450 salariés, soit 22% des effectifs.
Le géant allemand Siemens, (moins 4700 emplois supplémentaires dans les unités de matériels de télécommunications ICN-téléphonie fixe avant septembre 2003 et moins 1000 emplois dans l'unité ICM-téléphonie mobile) licencie en raison de la " crise dramatique persistante sur le marché des télécommunications ". La division de services informatiques SBS " Business Services " se restructure également (moins 2000 postes dont 1000 en Allemagne sur 34 000) mais sans licenciements ainsi que (moins 3 000 postes) dans la division VDO (composants électroniques pour l'industrie automobile). Plus de 32 000 suppressions d'emplois d'ici 2003, soit environ 7 % de ses effectifs (au 30 septembre 2001) sont ainsi programmés.
En France plusieurs sociétés de sous-traitance vont très mal : ACT Manufacturing (660 salariés à Angers) et Bastide Electronique (200 personnes à Morlaix) sont mises en liquidation judiciaire, Corvis-Algety (plan social de 137 salariés), Daewoo ferme l'usine de Fameck en Moselle (170 salariés).

Alcatel qui n'en finit pas de se restructurer veut effectuer 10 000 suppressions d'emplois supplémentaires d'ici à la fin 2003. Les réductions concernent principalement les 1400 salariés de SEL (Allemagne), 1000 suppressions de postes aux Etats-Unis et 1060 chez Alcatel CIT, 1550 chez Alcatel Optronics. Les comptes des réductions d'emploi sont si compliqués que même le service communication de l'entreprise s'y trompe à la mi-année et produit un communiqué erroné... Dans le même temps, Nexans ancienne filiale d'Alcatel rachète la société sud-coréenne Kukdong Electrical Wires Company pour devenir le leader mondial des câbles pour la marine. Marine Communications (ex Alcatel RE), malgré 343 suppressions d'emplois est racheté par la SSII Optium.

Bull se réorganise pour la n-ième fois (Bull Technologies et Bull Services) et licencie 1500 personnes dont 800 " départs volontaires " et préretraites d'entreprise pour les non-cadres âgés de 58 ans. Gemplus sur fond de guerre intestine, ferme son usine de Sarcelles et effectue deux plans sociaux successifs : le premier lancé en avril concerne 1740 emplois (dont 416 en France) tandis que le second concerne un millier d'emplois dans le monde (dont 483 en France et un peu moins de 400 à Gemenos dans les Bouches-du-Rhône). Pourtant, son nouveau PDG, Alex Mandl ne " peut garantir qu'il n'y aura pas de nouveau plan social ". Highwave Optical (composants pour réseaux optiques) effectue son troisième plan social en quatorze mois et l'entreprise qui comptait 1050 salariés en août 2001, n'en compte plus que 75 sur le site de Lannion.

Mitshubishi transfère en Chine la production des mobiles fabriqués à Etrelles (Ille-et-Vilaine). 1000 salariés sont concernés ainsi que 2000 au Japon. Netgem (solutions pour la télévision numérique) se sépare à nouveau de 75 salariés. Sagem rachète les activités fax de Philips et les 420 salariés concernés ainsi que les 180 salariés de Monetel (specialiste de transactions électroniques). Thomson ferme en fin d'année le site Steli de Tonnerre (décodeurs et tambours de magnétoscopes) qui emploie 272 salariés.

cliquer pour avoir le début du documentLes opérateurs et les fournisseurs d'accès

Aux Etats-Unis les départs sont encore nombreux : AT&T (moins 13 000 postes soit autant qu'en 2001), Bellsouth (moins 5000 salariés avec restructuration des centres d'appels), Global Crossing (moins 2000 salariés), Grapes et Netia disparaissent, MacLeod (téléphonie locale et accès internet), SBC (communications locales aux Etats-Unis : moins 11 000 postes), Sprint (moins 2 100 personnes par deux fois et la fermeture de 5 centres d'appels), Telewest (moins 15% des effectifs), Verizon (moins 10 000 salariés). France Télécom et Alcatel liquident Globalstar et leur filiale commune Tesam " à l'amiable".

Worldcom est le plus important problème social. 17 000 personnes sont licenciées en plus des 12 700 supprimés en 2001 avec, selon leur ancienneté, de six semaines à six mois d'indemnités. Mais surtout les 85 000 salariés restants perdent avec la plus grosse faillite des télécoms la totalité de leurs retraites (les " plans 401K ").

Au Canada, Teleglobe supprime 900 emplois.

En Orient, NTT continue ses suppressions d'emplois (moins 17 000 sur trois ans) avec un plan de départs volontaires pour inclure les salariés âgés de 40 à 59 ans (pré-retraite avec une somme correspondant à 22 mois de salaires). Des départs ont aussi lieu chez PCCW (Hong-Kong).

En Europe, Blu (1900 salariés) est démantelé, Carrier1, KPNQwest (2 000 salariés) et Versatel déposent leur bilan. Aux Pays Bas, KPN accélère ses licenciements pour 2002, avec 5 200 au lieu des 4 800 annoncés en 2001. Dans les pays nordiques, Sonera et Telia fusionnent pour faire un groupe de 34 000 salariés, le suédois Song fait faillite mais les salariés sont repris par Telenor. En Suisse, Swisscom licencie 500 personnes et Ascom 150 personnes. Telefonica Moviles remercie les salariés chargés de lancer ses services i-mode. TPSA (Pologne) se sépare de 11 000 salariés tandis qu'en Grèce, OTE se réorganise en 4 business units : services fixes, mobiles, Internet, international.

En Angleterre, British Telecom supprime encore 2 200 postes et Cable & Wireless (moins 3500 emplois) ferme de 19 de ses 42 centres de données. Colt Telecom supprime 800 emplois supplémentaires sur douze mois dans 13 pays européens, soit 16 % de ses effectifs, pour arriver à 4300 collaborateurs. L'opérateur mobile, mmO2, (anciennement British Telecom Cellnet) supprime 1400 emplois (sur 7500) en Grande-Bretagne et environ 500 emplois (sur 3900) en Allemagne soit une réduction de 13 % à 20 % de ses effectifs selon les différentes sources et les modes de calcul. L'entreprise veut n'avoir que 6100 personnes à fin 2002. Cette restructuration, qui lui coûte 110 millions de livres (180 M€), doit lui permettre d'économiser 70 millions de livres par an.

En Allemagne, Deutsche Telekom qui a pourtant perdu 100 000 salariés en 10 ans, espère se séparer d'au moins 20 000 emplois supplémentaires d'ici 2004 en créant une agence pour l'emploi qui aidera les salariés à se reclasser. Les grandes centrales syndicales dont Ver.di, le syndicat des services s'y opposent. Mobilcom remercie 1850 collaborateurs sur 5 000 et le câblo-opérateur Callahan NRW dépose son bilan.

Le regroupement des opérateurs de télécoms converge vers un oligopole de cinq à six grands acteurs par pays, réduisant les pers-pectives d'emploi dans le secteur des télécommunications aussi bien en France qu'à l'étranger. Dans un premier temps, les 1000 salariés de 9 Telecom sont dispersés entre les différentes unités cédées au cours de l'année puis LDCom qui reprend le nom et emploie 1 200 personnes environ après rachat de Firstmark, Fortel, Jet Multimedia, Kaptech, Ventelo France. Landtel disparaît.

France Télécom se sépare de TDF mais le volet social du redressement de l'entreprise est critiqué car, dans le cadre de la privatisation envisagée des autres grandes entreprises françaises (EDF/GDF, Air France…), ces mesures sont ultra-sensibles et symboliques. Les 112 000 salariés fonctionnaires de France Télécom - de surcroît majoritairement actionnaires - doivent être traités correctement pour ne pas compromettre les décisions futures. Orange (30 000 salariés dans le monde en 2002) retarde le lancement de l'UMTS hors Grande Bretagne, gèle le projet en Suède et entame un plan de réduction d'effectif de 2000 postes avec licenciement de 800 personnes (dont plus du tiers de ses effectifs au Danemark).

cliquer pour avoir le début du documentLe secteur de l'Internet

AOL supprime 300 emplois, Inktomi, fournisseur californien de logiciels pour l'Internet, racheté par Yahoo!, effectue un troisième plan de 270 licenciements et Real Networks doit se séparer de 90 salariés.

En France, le câblo-opérateur français Noos encourage 400 salariés sur un total de 1100 à faire partie " d'un plan de départs volontaires", Worldnet est racheté par LDCom et la web agency Himalaya cède 45 consultants à Business & Décision. Le portail Vivazzi est racheté par Vodafone qui licencie un quart des effectifs. Enfin Tiscali regroupe sous son nom et restructure ses quatre filiales Internet : Freesbee, Infonie, LibertySurf, WorldOnline.

cliquer pour avoir le début du documentLes éditeurs de logiciels

Le canadien Corel supprime encore 220 emplois sur les 990 restants, Siebel le concurrent américain de SAP supprime 1000 postes, tandis que SAP supprime 200 postes de consultants et Sun, 10 % de ses effectifs mondiaux soit 4 400 personnes.

En France Business Objects licencie 70 salariés mais le plus inquiétant concerne les éditeurs de jeux qui sont au plus mal : Ex Machina (150 personnes) est placée en liquidation judiciaire, le bordelais Kalisto (200 salariés), Montparnasse Multimédia et Cryo disparaissent, Infogrames licencie 280 personnes (sur 470) avec fermeture de 4 sur ses 11 sites européens et le seul fournisseur de " e-book " français Cytale (20 salariés) est liquidé. Guillemot Corporation, éditeur de jeux (Ubisoft), entreprend de licencier 130 personnes avec un plan social et doit créer un comité d'entreprise après un verdict rendu par le tribunal de Vannes. Les difficultés des éditeurs de jeux français sont telles qu'ils demandent l'aide du gouvernement en novembre 2002.

cliquer pour avoir le début du documentLes sociétés de services

Toutes les sociétés de services informatiques sont plus ou moins contraintes au licenciement et aux restructurations. L'américain Electronics Data Systems (EDS) supprime 5 000 postes " sans lien apparent avec Worldcom ", ce qui représente 4 % de ses effectifs, EMC Corp. (services de stockage), annonce une nouvelle réduction d'effectifs de 1350 postes pour atteindre les 17 000 personnes après cette nouvelle réduction. Citons aussi I2 (1800 licenciements sur 4800 salariés), Loudeye Technologies (moins 80 salariés), Oracle (moins 800 postes), Peregrine (moins 1500 salariés et une mise en faillite pour non-production de ses comptes financiers). Unisys provisionne en janvier 276 M€ pour la suppression de 3750 emplois.

En Grande Bretagne Ignite (filiale de BT) supprime 2200 emplois sur 17 000, Logica se sépare de 700 consultants et T-Systems (filiale de Deutsche Telekom) supprime 5000 emplois. La SSII hollandaise, Getronics effectue deux plans de réductions d'emplois 1450 puis 1300 entre novembre 2002 et juin 2003.

Cap Gemini qui prévoit une baisse de 7 % de son chiffre d'affaires sur l'ensemble de l'exercice 2002 réduit ses effectifs et ne réalise " que " deux plans de licenciements de 3500 opérationnels puis de 3000 fonctionnels (soit 1500 départs du groupe dont 700 au Royaume-Uni, 600 transferts vers les clients et 900 en cours de négociation), c'est que la chute des activités de conseil/gestion de projets a été compensée en partie par la hausse des activités de maintenance. L'entreprise filialise aussi son activité ingénierie informatique de proximité en janvier 2002 sous le nom de Sogeti (5000 salariés). Le plan LEAP institué en juin et achevé en octobre fait remonter à 73 % le taux d'utilisation du personnel.

En France Steria qui a racheté Intégris (Bull) licencie 450 des 4000 consultants, Integra France (filiale de Genuity et de Verizon) ferme en licenciant ses 120 employés, et SQLI licencie 85 salariés.

Le secteur conseil connaît une année particulièrement mouve-mentée. Après qu'Enron ait congédié Andersen, les chasseurs de tête se sont réjouis dans un premier temps, aussi bien chez les juniors que chez les seniors, et la reconfiguration entière du secteur a commencé. Le démantèlement du groupe entre les différents concurrents s'est effectué pays par pays et a pris du temps. Au delà des problèmes de rachat, les problèmes des sociétés concurrentes conseillées par une même entreprise rend le partage difficile.

Accenture se sépare de 1000 consultants principalement en Grande-Bretagne, Etats-Unis et Australie, Cap Gemini Ernst & Young effectue un second plan de licenciements de 5500 personnes. Le conseil suédois en Internet Icon Medialab Losts Boys se sépare aussi de 350 consultants. KPMG licencie 800 salariés et 50 partenaires principalement dans la branche comptable.

L'année se caractérise aussi par des rachats et des scissions : Côté rachats, IBM achète PriceWaterhouseCoopers Consulting (branche conseil de PWC) et ses 30 000 salariés, ce qui représente le plus gros rachat effectué par IBM depuis sept ans (3,5 milliards de dollars), KPMG Consulting est racheté par Atos Origin en Grande Bretagne et aux Pays Bas et EDS rachète AT Kearney mais se sépare de 2 000 consultants. En France Siticom (400 consultants) est racheté par Devoteam. Du côté des scissions : les 14 000 consultants de la branche conseil de Deloitte et Touche se séparent des activités audit dans 34 pays.

cliquer pour avoir le début du documentLes médias

La société californienne d'information technologique CNet rachète le site d'information européen Silicon.com mais procède à son troisième plan social en deux ans, Reuters supprime encore 1 800 postes et se restructure en 4 branches : banque d'investissements, taux et change, gestion d'actifs, entreprises et media. Key3media, organisateur des salons professionnels Comdex, Networld-Interop à Paris, se place en redressement judiciaire et licencie. Le magazine Tornado Insider dépose son bilan. Les sociétés de télévision interactive ne font pas florès. Open TV annonce 315 licenciements et Time Warner Telecom Inc. 230 sur 1900.

En France, le Groupe Tests, un des leaders de la presse informatique arrête la parution du Nouvel Hebdo, transforme Internet Professionnel en supplément de 01 Réseaux avec un plan social qui concerne plus d'un quart des employés (117 postes sur 435 - dont 60 journalistes).

VNU Publications France (filiale du groupe néerlandais) remercie 54 personnes dont 27 journalistes. La société Europrodeal qui édite le mensuel MoniteurPro, est placée en liquidation judiciaire. Les agences de publicité (BDDP & Tequila Interactive) préparent aussi des plans sociaux. EMI Music France se sépare de 77 salariés sur 420 tandis que le Futuroscope de Poitiers licencie 167 emplois sur 636 salariés.

Les métiers classiques de l'édition sont impactés par la numérisation : la division d'édition technologique Cromalin du groupe Du Pont se sépare de 650 personnes (en tout moins 9500 depuis le début 2000), Xerox supprime 2400 emplois, en France la moitié des photograveurs disparaît et le tiers des imprimeurs est en difficulté. L'Imprimerie Nationale française effectue un plan de 250 licenciements et en Belgique, l'imprimeur Brepols (dictionnaires, cartes, agendas) doit se séparer d'un tiers de ses effectifs.

cliquer pour avoir le début du documentLe commerce électronique

La place de marché Covisint (autos) réduit ses effectifs de 100 personnes et le secteur du recrutement en ligne se restructure et se concentre : l'américain TPM Worldwide (propriétaire de Monster) licencie 1000 personnes, ferme 102 agences tandis que Adecco rachète Jobpilot.

Des reclassements rendus difficiles par de très nombreux secteurs en crise

Tous les secteurs présentent des difficultés, qu'il s'agisse de la poste, des services aériens, ou même du secteur bancassurance, des transports aériens et constructeurs d'avions, et même de la restauration (McDo ne va pas bien - sauf en France).

Toutes les banques, qu'elles soient d'affaires ou de détail, réduisent leurs effectifs ou suppriment les primes de leurs salariés. Les sociétés de finance sur Internet (l'allemand Comdirect, Consors racheté par BNP Paribas ou l'américain Charles Schwab) se portent mal ou disparaissent (FinGo, Selftrade ou la banque d'investissements et de courtage Robertson Stephens qui était le symbole du financement des sociétés Internet américaines). Les banques " traditionnelles " plombées par les comptes déficitaires de leurs clients sont également en mauvaise forme.
En France, la Société Générale supprime 500 postes mais en crée 200 dans son Centre de relation clientèle multimédia (centre d'appels) à Lille. Même si la banque à distance peine à se développer de façon indépendante, les différents canaux téléphone, Internet, répondeurs vocaux etc. font de Vocalia, la banque par téléphone, le deuxième serveur téléphonique français après celui de Météo France avec 17 millions de connections par an. Les centres de Vocalia (Lyon, Nanterre et maintenant Lille) doivent assurer les mêmes services que les agences de proximité.

cliquer pour avoir le début du document L'externalisation des services informatiques

L'externalisation des services informatiques se poursuit : la Deutsche Bank et JP Morgan contractent avec IBM et le groupe français de transport et d'énergie Alstom choisit la société américaine EDS pour l'externalisation de son infrastructure informatique dont les unités et les services sont répartis entre la France, l'Allemagne, le Royaume Uni et les Etats Unis. Au total 14 pays seront concernés par ces mesures et 1300 personnes seront transférées à EDS, après consultation des instances représentatives du personnel.

Le dernier géant de la finance des Etats-Unis, Mellon Finance, externalise plus d'un quart de ses activités en Inde, car selon une étude de Meta Group, le coût d'un programmeur indien est quatorze fois moindre que celui d'un américain.

Une quasi-généralisation des relations d'emploi " relâchées "

Les congés sans solde sont devenus un pratique courante : HP impose ainsi 3 semaines de congés non payés à 4000 informaticiens aux Etats-Unis et IBM fait de même. Par ailleurs, des initiatives comme " Time Out " (chez Siemens), " FlexLeave ", " Furlough " permettent aux salariés de certaines entreprises de se mettre en congé "spécial" en échange d'un dédommagement financier, ce qui a pour intérêt de gérer ainsi les sureffectifs.
deuxième partie

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Marie-Noëlle BLANCHETEAU 

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