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Le ralentissement économique général, la
suite de l'éclatement de la bulle Internet et les difficultés
des sociétés de télécommunications sont
les raisons majeures qui poussent les entreprises à licencier
par charrettes et à embaucher au goutte à goutte.
L'emploi dans le secteur ne s'améliore guère et le
Président Chirac demande fin octobre au Conseil des ministres
des Quinze de venir en aide aux acteurs sinistrés des télécommunications.
Des mesures de soutien seront accordées par le Conseil début
décembre, mais sans financement public.
Marie-Noëlle
BLANCHETEAU
Un contexte général de
crise
Selon US Business le nombre de suppressions d'emplois aux Etats-Unis
serait de 1, 3 million pour l'année 2002 (inférieur
il est vrai aux 1,7 million de postes supprimés sur la même
période de l'année dernière). Là-bas,
le taux de chômage est de 6 % au cours du mois de novembre,
soit le chiffre le plus élevé depuis 8 ans, mais dans
une ville comme Santa Clara au sein de la Silicon Valley le taux
est de 7,8 %. Selon la société Challenger Gray &
Christmas, la filière Télécom, Informatique
et High-tech aurait ainsi licencié 385 000 salariés
depuis le début de l'année. Pour ces raisons, le gouvernement
Bush décide en mars 2002, la prolongation exceptionnelle
de 13 semaines de la durée d'indemnisation du chômage
s'ajoutant aux 26 semaines d'indemni-sation classique.
En Allemagne, le chômage repasse en données brutes
au dessus du seuil politiquement sensible des quatre millions, au
Japon, le taux est de 5,5 %. 
En France le taux de chômage atteint
les 9 % et la " Tregor Valley " est durement touchée.
Le déficit du régime d'assurance-chômage français
repart car les licenciements économiques de l'année
2001 ont conduit au chômage des salariés particulièrement
qualifiés (et ayant par conséquent des droits beaucoup
plus importants que le niveau moyen d'indemnisation qui est à
878 €) bien que le nombre de chômeurs sortis de l'indemnisation
pour fin de droits et le nombre de radiations atteignent des niveaux
records. Les salons de recrutement sont très calmes : en
janvier 2002, le salon Prosearch se limite aux profils techniques
de développement confirmés et les cabinets de conseil
en sont absents, en février le Forum des télécommunications
est morne avec seulement 94 exposants dont certains ne recrutent
pas.
L'évolution des différents secteurs : High
Tech,
les opérateurs et les fournisseurs d'accès
Internet, les éditeurs
de logiciels, les
sociétés de services, les
médias,
le commerce électronique, l'externalisation
des services informatiques .
Les licenciements s'effectuent au fil des mois sans se ralentir
avec quelques journées noires comme le 26 juin au cours de
laquelle Alcatel annonce 10 000 suppressions d'emplois et Worldcom
16 000.
Les
industriels de la high-tech
Les
fabricants d'équipements qu'ils soient de télécoms,
d'électronique, d'informatique n'en finissent pas de se restructurer.
Des informations complémentaires peuvent être trouvées
dans le paragraphe consacré à la crise de l'optique
dans le chapitre consacré aux équipementiers télécoms,
à l'électronique et à l'informatique.
Applied
Materials (semi-conducteurs) supprime 1750 emplois (après
un premier plan en septembre 2001 de 3700 personnes), AMD
(moins 2000 personnes sur 13 000 salariés), Brocade
(commutateurs SAN), licencie 12 % de ses effectifs, Ciena
(équipements de transport optique DWDM) supprime encore 450
salariés de ses effectifs et Corning ferme 4 usines
avec suppression de 2200 postes.
Ericsson malgré les 22 000 postes supprimés
en 2001 entame un nouveau plan de 25 000 licenciements supplémentaires
et externalise son pôle de développement. Ericsson
France supprime 239 postes sur 815 et va transférer 188
personnes vers le groupe informatique Teleca.
Après
le rachat de PWC, IBM se sépare de 21 600 personnes
dans l'année sur un effectif mondial de 318 000 personnes.
En Hongrie, IBM effectue le licenciement collectif le plus
important de l'histoire moderne du pays avec 2200 emplois. En Hongrie
également, Flextronics supprime 1 100 emplois.
Les
constructeurs japonais sont également obligés de continuer
de réduire leurs effectifs : Fujitsu (moins 3 000
postes sur 170 000 malgré les 17 000 licenciements effectués
entre fin mars 2001 et mars 2002) réduit son conseil d'administration
de 32 à 7 membres pour " accélérer les
prises de décision " ; Hitachi effectue 4 000
suppres-sions d'emploi supplémentaires ; NEC se recentre
sur l'infrastructure et les services et envisage de filialiser sa
production de semi-conducteurs pour y transférer 25 000 personnes
; Sony Corp licencie 13 700 personnes principalement dans
le secteur électronique et musical en mars pour ne conserver
que 168 000 salariés ; Toshiba déloca-lise
aussi la production de ses portables en Chine et l'usine de Hangzhou
au sud-est du pays démarre la production d'ordinateurs de
moyenne et haut de gamme (750 000/an) avec 1 700 salariés
; TDK (semi-conducteurs) annonce en février 900 suppressions
d'emplois en plus des 6380 supprimés depuis novembre 2001.
Les
constructeurs américains réduisent également
leurs troupes : l'informaticien Gateway effectue un nouveau
plan social de 2250 emplois, soit 16 % de ses effectifs actuels
et ferme 19 points de vente, sur un total d'environ 300 ; Intel
supprime 4 000 postes ; JDSUniphase, (- 16 000 personnes
en 2001), effectue en avril une seconde vague de 2 000 licenciements
; LSI Logic (semi-conducteurs) arrête la fabrication
des puces et effectue 1 400 licenciements (soit 20 % de ses effectifs)
; Lucent (106 000 personnes en janvier 2001) organise une
nouvelle vague de licenciements de 10 000 salariés pour atteindre
les 35 000 employés en début 2003; Motorola,
nouveau plan de restructuration avec 7000 emplois supplémentaires
(soit 7 % de ses effectifs) ; Quantum (équipements
de stockage) licencie 1100 personnes et Tellabs supprime
2000 postes (18 % de ses effectifs).
Le " New HP " (résultat de la fusion HP-Compaq)
se réorganise et entame un programme de réduction
de coûts. Environ 10 000 emplois sont supprimés avant
le 1er novembre, et 5000 en 2003. Cette restructuration entraînera
une charge de 1,35 milliard de dollars dans les comptes du deuxième
semestre 2002. Les premières annonces concernent l'Asie du
Sud-Est où 10 % des effectifs sont remerciés en juin
et 4000 CDD non renouvelés. La restructuration de HP France
est particulièrement dure malgré trois mouvements
syndicaux car 1 106 salariés (21% des effectifs) sont licenciés
alors que dans les autres pays européens, le pourcentage
des effectifs supprimés est nettement moindre.
Au
Canada, Nortel (94 000 personnes au 1-1-2001 contre 52 600
personnes, un an plus tard) engage dès février, 4
000 suppressions d'emplois supplémentaires. En Grande Bretagne,
Marconi, toujours au bord de la faillite annonce 4 000 licenciements
supplémentaires en janvier et en juillet un nouveau plan
social de 1 000 personnes. Nokia supprime 300 postes dont
250 en Finlande après avoir supprimé 4 600 postes
en 2001.
Le
néerlandais Philips ferme son usine d'Albuquerque
(N.M.-USA) et son département O.S. (stockage optique de données)
au niveau mondial. L'usine limbourgeoise de Hasselt qui occupait
957 salariés est supprimée et l'activité est
transférée à Taiwan. Les 458 personnes qui
restent à Hasselt passent sous le contrôle de la société
américaine Jabil, à qui Philips a revendu ses
activités de sous-traitance électronique au niveau
mondial ; ASML, fabricant de systèmes de gravure sur
silicium licencie 1 450 salariés, soit 22% des effectifs.
Le géant allemand Siemens, (moins 4700 emplois supplémentaires
dans les unités de matériels de télécommunications
ICN-téléphonie fixe avant septembre 2003 et moins
1000 emplois dans l'unité ICM-téléphonie mobile)
licencie en raison de la " crise dramatique persistante sur
le marché des télécommunications ". La
division de services informatiques SBS " Business Services
" se restructure également (moins 2000 postes dont 1000
en Allemagne sur 34 000) mais sans licenciements ainsi que (moins
3 000 postes) dans la division VDO (composants électroniques
pour l'industrie automobile). Plus de 32 000 suppressions d'emplois
d'ici 2003, soit environ 7 % de ses effectifs (au 30 septembre 2001)
sont ainsi programmés.
En France plusieurs sociétés de sous-traitance vont
très mal : ACT Manufacturing (660 salariés à
Angers) et Bastide Electronique (200 personnes à Morlaix)
sont mises en liquidation judiciaire, Corvis-Algety (plan
social de 137 salariés), Daewoo ferme l'usine de Fameck
en Moselle (170 salariés).
Alcatel
qui n'en finit pas de se restructurer veut effectuer 10 000 suppressions
d'emplois supplémentaires d'ici à la fin 2003. Les
réductions concernent principalement les 1400 salariés
de SEL (Allemagne), 1000 suppressions de postes aux Etats-Unis
et 1060 chez Alcatel CIT, 1550 chez Alcatel Optronics.
Les comptes des réductions d'emploi sont si compliqués
que même le service communication de l'entreprise s'y trompe
à la mi-année et produit un communiqué erroné...
Dans le même temps, Nexans ancienne filiale d'Alcatel
rachète la société sud-coréenne Kukdong
Electrical Wires Company pour devenir le leader mondial des
câbles pour la marine. Marine Communications (ex Alcatel
RE), malgré 343 suppressions d'emplois est racheté
par la SSII Optium.
Bull
se réorganise pour la n-ième fois (Bull Technologies
et Bull Services) et licencie 1500 personnes dont 800 "
départs volontaires " et préretraites d'entreprise
pour les non-cadres âgés de 58 ans. Gemplus
sur fond de guerre intestine, ferme son usine de Sarcelles et effectue
deux plans sociaux successifs : le premier lancé en avril
concerne 1740 emplois (dont 416 en France) tandis que le second
concerne un millier d'emplois dans le monde (dont 483 en France
et un peu moins de 400 à Gemenos dans les Bouches-du-Rhône).
Pourtant, son nouveau PDG, Alex Mandl ne " peut garantir qu'il
n'y aura pas de nouveau plan social ". Highwave Optical
(composants pour réseaux optiques) effectue son troisième
plan social en quatorze mois et l'entreprise qui comptait 1050 salariés
en août 2001, n'en compte plus que 75 sur le site de Lannion.
Mitshubishi
transfère en Chine la production des mobiles fabriqués
à Etrelles (Ille-et-Vilaine). 1000 salariés sont concernés
ainsi que 2000 au Japon. Netgem (solutions pour la télévision
numérique) se sépare à nouveau de 75 salariés.
Sagem rachète les activités fax de Philips
et les 420 salariés concernés ainsi que les 180 salariés
de Monetel (specialiste de transactions électroniques).
Thomson ferme en fin d'année le site Steli de Tonnerre
(décodeurs et tambours de magnétoscopes) qui emploie
272 salariés.
Les
opérateurs et les fournisseurs d'accès
Aux
Etats-Unis les départs sont encore nombreux : AT&T
(moins 13 000 postes soit autant qu'en 2001), Bellsouth (moins
5000 salariés avec restructuration des centres d'appels),
Global Crossing (moins 2000 salariés), Grapes
et Netia disparaissent, MacLeod (téléphonie
locale et accès internet), SBC (communications locales
aux Etats-Unis : moins 11 000 postes), Sprint (moins 2 100
personnes par deux fois et la fermeture de 5 centres d'appels),
Telewest (moins 15% des effectifs), Verizon (moins
10 000 salariés). France Télécom et
Alcatel liquident Globalstar et leur filiale commune
Tesam " à l'amiable".
Worldcom
est le plus important problème social. 17 000 personnes sont
licenciées en plus des 12 700 supprimés en 2001 avec,
selon leur ancienneté, de six semaines à six mois
d'indemnités. Mais surtout les 85 000 salariés restants
perdent avec la plus grosse faillite des télécoms
la totalité de leurs retraites (les " plans 401K ").
Au
Canada, Teleglobe supprime 900 emplois.
En
Orient, NTT continue ses suppressions d'emplois (moins 17
000 sur trois ans) avec un plan de départs volontaires pour
inclure les salariés âgés de 40 à 59
ans (pré-retraite avec une somme correspondant à 22
mois de salaires). Des départs ont aussi lieu chez PCCW
(Hong-Kong).
En
Europe, Blu (1900 salariés) est démantelé,
Carrier1, KPNQwest (2 000 salariés) et Versatel
déposent leur bilan. Aux Pays Bas, KPN accélère
ses licenciements pour 2002, avec 5 200 au lieu des 4 800 annoncés
en 2001. Dans les pays nordiques, Sonera et Telia
fusionnent pour faire un groupe de 34 000 salariés, le suédois
Song fait faillite mais les salariés sont repris par
Telenor. En Suisse, Swisscom licencie 500 personnes
et Ascom 150 personnes. Telefonica Moviles remercie
les salariés chargés de lancer ses services i-mode.
TPSA (Pologne) se sépare de 11 000 salariés
tandis qu'en Grèce, OTE se réorganise en 4
business units : services fixes, mobiles, Internet, international.
En
Angleterre, British Telecom supprime encore 2 200 postes
et Cable & Wireless (moins 3500 emplois) ferme de 19
de ses 42 centres de données. Colt Telecom supprime
800 emplois supplémentaires sur douze mois dans 13 pays européens,
soit 16 % de ses effectifs, pour arriver à 4300 collaborateurs.
L'opérateur mobile, mmO2, (anciennement British Telecom
Cellnet) supprime 1400 emplois (sur 7500) en Grande-Bretagne
et environ 500 emplois (sur 3900) en Allemagne soit une réduction
de 13 % à 20 % de ses effectifs selon les différentes
sources et les modes de calcul. L'entreprise veut n'avoir que 6100
personnes à fin 2002. Cette restructuration, qui lui coûte
110 millions de livres (180 M€), doit lui permettre d'économiser
70 millions de livres par an.
En
Allemagne, Deutsche Telekom qui a pourtant perdu 100 000
salariés en 10 ans, espère se séparer d'au
moins 20 000 emplois supplémentaires d'ici 2004 en créant
une agence pour l'emploi qui aidera les salariés à
se reclasser. Les grandes centrales syndicales dont Ver.di, le syndicat
des services s'y opposent. Mobilcom remercie 1850 collaborateurs
sur 5 000 et le câblo-opérateur Callahan NRW
dépose son bilan.
Le
regroupement des opérateurs de télécoms converge
vers un oligopole de cinq à six grands acteurs par pays,
réduisant les pers-pectives d'emploi dans le secteur des
télécommunications aussi bien en France qu'à
l'étranger. Dans un premier temps, les 1000 salariés
de 9 Telecom sont dispersés entre les différentes
unités cédées au cours de l'année puis
LDCom qui reprend le nom et emploie 1 200 personnes environ
après rachat de Firstmark, Fortel, Jet Multimedia,
Kaptech, Ventelo France. Landtel disparaît.
France
Télécom se sépare de TDF mais le
volet social du redressement de l'entreprise est critiqué
car, dans le cadre de la privatisation envisagée des autres
grandes entreprises françaises (EDF/GDF, Air France
),
ces mesures sont ultra-sensibles et symboliques. Les 112 000 salariés
fonctionnaires de France Télécom - de surcroît
majoritairement actionnaires - doivent être traités
correctement pour ne pas compromettre les décisions futures.
Orange (30 000 salariés dans le monde en 2002) retarde
le lancement de l'UMTS hors Grande Bretagne, gèle le projet
en Suède et entame un plan de réduction d'effectif
de 2000 postes avec licenciement de 800 personnes (dont plus du
tiers de ses effectifs au Danemark).
Le
secteur de l'Internet
AOL
supprime 300 emplois, Inktomi, fournisseur californien de
logiciels pour l'Internet, racheté par Yahoo!, effectue
un troisième plan de 270 licenciements et Real Networks
doit se séparer de 90 salariés.
En
France, le câblo-opérateur français Noos
encourage 400 salariés sur un total de 1100 à faire
partie " d'un plan de départs volontaires", Worldnet
est racheté par LDCom et la web agency Himalaya
cède 45 consultants à Business & Décision.
Le portail Vivazzi est racheté par Vodafone
qui licencie un quart des effectifs. Enfin Tiscali regroupe
sous son nom et restructure ses quatre filiales Internet : Freesbee,
Infonie, LibertySurf, WorldOnline.
Les
éditeurs de logiciels
Le
canadien Corel supprime encore 220 emplois sur les 990 restants,
Siebel le concurrent américain de SAP supprime
1000 postes, tandis que SAP supprime 200 postes de consultants et
Sun, 10 % de ses effectifs mondiaux soit 4 400 personnes.
En
France Business Objects licencie 70 salariés mais
le plus inquiétant concerne les éditeurs de jeux qui
sont au plus mal : Ex Machina (150 personnes) est placée
en liquidation judiciaire, le bordelais Kalisto (200 salariés),
Montparnasse Multimédia et Cryo disparaissent,
Infogrames licencie 280 personnes (sur 470) avec fermeture
de 4 sur ses 11 sites européens et le seul fournisseur de
" e-book " français Cytale (20 salariés)
est liquidé. Guillemot Corporation, éditeur
de jeux (Ubisoft), entreprend de licencier 130 personnes
avec un plan social et doit créer un comité d'entreprise
après un verdict rendu par le tribunal de Vannes. Les difficultés
des éditeurs de jeux français sont telles qu'ils demandent
l'aide du gouvernement en novembre 2002.
Les
sociétés de services
Toutes
les sociétés de services informatiques sont plus ou
moins contraintes au licenciement et aux restructurations. L'américain
Electronics Data Systems (EDS) supprime 5 000 postes
" sans lien apparent avec Worldcom ", ce qui représente
4 % de ses effectifs, EMC Corp. (services de stockage),
annonce une nouvelle réduction d'effectifs de 1350 postes
pour atteindre les 17 000 personnes après cette nouvelle
réduction. Citons aussi I2 (1800 licenciements sur 4800 salariés),
Loudeye Technologies (moins 80 salariés), Oracle
(moins 800 postes), Peregrine (moins 1500 salariés
et une mise en faillite pour non-production de ses comptes financiers).
Unisys provisionne en janvier 276 M€ pour la suppression
de 3750 emplois.
En
Grande Bretagne Ignite (filiale de BT) supprime 2200 emplois
sur 17 000, Logica se sépare de 700 consultants et
T-Systems (filiale de Deutsche Telekom) supprime 5000 emplois.
La SSII hollandaise, Getronics effectue deux plans de réductions
d'emplois 1450 puis 1300 entre novembre 2002 et juin 2003.
Cap
Gemini qui prévoit une baisse de 7 % de son chiffre d'affaires
sur l'ensemble de l'exercice 2002 réduit ses effectifs et
ne réalise " que " deux plans de licenciements
de 3500 opérationnels puis de 3000 fonctionnels (soit 1500
départs du groupe dont 700 au Royaume-Uni, 600 transferts
vers les clients et 900 en cours de négociation), c'est que
la chute des activités de conseil/gestion de projets a été
compensée en partie par la hausse des activités de
maintenance. L'entreprise filialise aussi son activité ingénierie
informatique de proximité en janvier 2002 sous le nom de
Sogeti (5000 salariés). Le plan LEAP institué
en juin et achevé en octobre fait remonter à 73 %
le taux d'utilisation du personnel.
En
France Steria qui a racheté Intégris
(Bull) licencie 450 des 4000 consultants, Integra
France (filiale de Genuity et de Verizon) ferme en licenciant
ses 120 employés, et SQLI licencie 85 salariés.
Le
secteur conseil connaît une année particulièrement
mouve-mentée. Après qu'Enron ait congédié
Andersen, les chasseurs de tête se sont réjouis
dans un premier temps, aussi bien chez les juniors que chez les
seniors, et la reconfiguration entière du secteur a commencé.
Le démantèlement du groupe entre les différents
concurrents s'est effectué pays par pays et a pris du temps.
Au delà des problèmes de rachat, les problèmes
des sociétés concurrentes conseillées par une
même entreprise rend le partage difficile.
Accenture
se sépare de 1000 consultants principalement en Grande-Bretagne,
Etats-Unis et Australie, Cap Gemini Ernst & Young effectue
un second plan de licenciements de 5500 personnes. Le conseil suédois
en Internet Icon Medialab Losts Boys se sépare aussi
de 350 consultants. KPMG licencie 800 salariés et
50 partenaires principalement dans la branche comptable.
L'année
se caractérise aussi par des rachats et des scissions : Côté
rachats, IBM achète PriceWaterhouseCoopers Consulting
(branche conseil de PWC) et ses 30 000 salariés, ce
qui représente le plus gros rachat effectué par IBM
depuis sept ans (3,5 milliards de dollars), KPMG Consulting
est racheté par Atos Origin en Grande Bretagne et
aux Pays Bas et EDS rachète AT Kearney mais
se sépare de 2 000 consultants. En France Siticom
(400 consultants) est racheté par Devoteam. Du côté
des scissions : les 14 000 consultants de la branche conseil de
Deloitte et Touche se séparent des activités
audit dans 34 pays.
Les
médias
La
société californienne d'information technologique
CNet rachète le site d'information européen
Silicon.com mais procède à son troisième
plan social en deux ans, Reuters supprime encore 1 800 postes
et se restructure en 4 branches : banque d'investissements, taux
et change, gestion d'actifs, entreprises et media. Key3media,
organisateur des salons professionnels Comdex, Networld-Interop
à Paris, se place en redressement judiciaire et licencie.
Le magazine Tornado Insider dépose son bilan. Les
sociétés de télévision interactive ne
font pas florès. Open TV annonce 315 licenciements
et Time Warner Telecom Inc. 230 sur 1900.
En
France, le Groupe Tests, un des leaders de la presse informatique
arrête la parution du Nouvel Hebdo, transforme Internet
Professionnel en supplément de 01 Réseaux avec
un plan social qui concerne plus d'un quart des employés
(117 postes sur 435 - dont 60 journalistes).
VNU
Publications France (filiale du groupe néerlandais) remercie
54 personnes dont 27 journalistes. La société Europrodeal
qui édite le mensuel MoniteurPro, est placée en liquidation
judiciaire. Les agences de publicité (BDDP & Tequila
Interactive) préparent aussi des plans sociaux. EMI
Music France se sépare de 77 salariés sur 420
tandis que le Futuroscope de Poitiers licencie 167 emplois
sur 636 salariés.
Les
métiers classiques de l'édition sont impactés
par la numérisation : la division d'édition technologique
Cromalin du groupe Du Pont se sépare de 650
personnes (en tout moins 9500 depuis le début 2000), Xerox
supprime 2400 emplois, en France la moitié des photograveurs
disparaît et le tiers des imprimeurs est en difficulté.
L'Imprimerie Nationale française effectue un plan
de 250 licenciements et en Belgique, l'imprimeur Brepols
(dictionnaires, cartes, agendas) doit se séparer d'un tiers
de ses effectifs.
Le
commerce électronique
La
place de marché Covisint (autos) réduit ses
effectifs de 100 personnes et le secteur du recrutement en ligne
se restructure et se concentre : l'américain TPM Worldwide
(propriétaire de Monster) licencie 1000 personnes,
ferme 102 agences tandis que Adecco rachète Jobpilot.
Des
reclassements rendus difficiles par de très nombreux secteurs
en crise
Tous
les secteurs présentent des difficultés, qu'il s'agisse
de la poste, des services aériens, ou même du secteur
bancassurance, des transports aériens et constructeurs d'avions,
et même de la restauration (McDo ne va pas bien - sauf
en France).
Toutes
les banques, qu'elles soient d'affaires ou de détail, réduisent
leurs effectifs ou suppriment les primes de leurs salariés.
Les sociétés de finance sur Internet (l'allemand Comdirect,
Consors racheté par BNP Paribas ou l'américain
Charles Schwab) se portent mal ou disparaissent (FinGo,
Selftrade ou la banque d'investissements et de courtage Robertson
Stephens qui était le symbole du financement des sociétés
Internet américaines). Les banques " traditionnelles
" plombées par les comptes déficitaires de leurs
clients sont également en mauvaise forme.
En France, la Société Générale
supprime 500 postes mais en crée 200 dans son Centre de relation
clientèle multimédia (centre d'appels) à Lille.
Même si la banque à distance peine à se développer
de façon indépendante, les différents canaux
téléphone, Internet, répondeurs vocaux etc.
font de Vocalia, la banque par téléphone, le
deuxième serveur téléphonique français
après celui de Météo France avec 17
millions de connections par an. Les centres de Vocalia (Lyon, Nanterre
et maintenant Lille) doivent assurer les mêmes services que
les agences de proximité.
L'externalisation des services informatiques
L'externalisation
des services informatiques se poursuit : la Deutsche Bank
et JP Morgan contractent avec IBM et le groupe français
de transport et d'énergie Alstom choisit la société
américaine EDS pour l'externalisation de son infrastructure
informatique dont les unités et les services sont répartis
entre la France, l'Allemagne, le Royaume Uni et les Etats Unis.
Au total 14 pays seront concernés par ces mesures et 1300
personnes seront transférées à EDS, après
consultation des instances représentatives du personnel.
Le
dernier géant de la finance des Etats-Unis, Mellon Finance,
externalise plus d'un quart de ses activités en Inde, car
selon une étude de Meta Group, le coût d'un programmeur
indien est quatorze fois moindre que celui d'un américain.
Une
quasi-généralisation des relations d'emploi "
relâchées "
Les
congés sans solde sont devenus un pratique courante : HP
impose ainsi 3 semaines de congés non payés à
4000 informaticiens aux Etats-Unis et IBM fait de même.
Par ailleurs, des initiatives comme " Time Out " (chez
Siemens), " FlexLeave ", " Furlough "
permettent aux salariés de certaines entreprises de se mettre
en congé "spécial" en échange d'un
dédommagement financier, ce qui a pour intérêt
de gérer ainsi les sureffectifs.
deuxième
partie
Marie-Noëlle BLANCHETEAU
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