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Etudes de cas : France
Telecom, Deutsche
Telekom, Worldcom, Vivendi
et Kirch
En 2001, nous avions décrit comment les jeunes
pousses de l'Internet et les équipementiers avaient souffert.
Cette année, l'onde de choc s'est transmise aussi aux grands
opérateurs du secteur qui ont tous été touchés,
à des titres divers et en général avec des
conséquences beaucoup plus visibles et graves. Des termes
autrefois très techniques comme " chapitre 11 "
ou " obligations pourries " sont devenus courants. Ce
qui frappe en 2002, c'est l'accumulation des problèmes de
fraudes comptables d'une part, et de remise en cause des équipes
dirigeantes pour mauvaise gestion d'autre part. La description qui
suit n'inclut que les éléments publics au 1/1/03 :
il est possible que des informations ultérieures modifient
la situation et nous ne portons aucun jugement sur les éventuelles
suites judiciaires des affaires évoquées.
2002 : les entreprises épinglées
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Adelphia
; Dépôt de bilan
; PDG écroué
AOL Time Warner ; Mauvais résultats
; enquêtes ; démissions de dirigeants
Bertelsmann ; Mauvais résultats
; PDG remplacé
Charter Communications ; Mauvais
résultats ; enquêtes judiciaires
Computer Associates ; Fraudes
comptables
Deutsche Telekom ; Mauvais
résultats ; PDG remplacé
France Télécom ; Mauvais
résultats ; PDG remplacé
Global Crossing ; Dépôt
de bilan ; PDG remplacé ; enquêtes
judiciaires
Kirch ; Dépôt de
bilan ; PDG remplacé
Qwest ; Mauvais résultats
; fraudes comptables ; PDG remplacé
Vivendi Universal ; Mauvais résultats
; PDG remplacé
Worldcom ; Fraudes comptables ;
dépôt de bilan ; PDG remplacé
Xerox ; Fraudes comptables
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France Télécom
et Deutsche Telekom
France Télécom et la plupart
des opérateurs historiques européens se sont lancés
il y a quelques années dans une stratégie ambitieuse
d'expansion géographique et de diversification pour compenser
les effets inéluctables de l'arrivée de la concurrence
sur leur activité traditionnelle. Cette stratégie
bute sur la faible rentabilité (pour le dire aimablement)
des filiales créées, du moins compte tenu des sommes
astronomiques dépensées pour elles. On se souvient
que, par exemple, France Télécom a acheté Orange
pour 42 milliards d'euros et Deutsche Telekom VoiceStream pour 33
milliards d'euros; toutes les deux ont payé fort cher leurs
licences UMTS en Allemagne (11 milliards d'euros pour Deutsche Telekom)
et au Royaume-Uni.
Les opérateurs ont donc dû faire le
ménage dans leur bilan en acceptant des pertes ponctuelles
à des niveaux exceptionnels : France Télécom
aura perdu entre 17 et 19 milliards d'euros en 2002 et Deutsche
Telekom 28 milliards. Malheureusement, ces entreprises s'étaient
lourdement endettées pour leurs acquisitions : France Télécom
a plus de 70 milliards d'euros de dettes et bien que l'activité
courante de l'opérateur soit rentable et que les nouvelles
activités le soient probablement à moyen terme, le
cash-flow qu'elles génèrent actuellement n'est pas
suffisant pour assurer le service de la dette. Le nouveau PDG Thierry
Breton a parlé d'un " mur de liquidités "
à surmonter (15 milliards d'euros à rembourser en
2003, 15 en 2004, 20 en 2005). La crise que ces entreprises ont
traversée en 2002 était donc très grave et
elle aurait probablement conduit des entreprises plus petites et
moins visibles au dépôt de bilan. Tous ces éléments
n'ont pas échappé aux analystes et la notation financière
des dettes de ces entreprises est devenue très mauvaise,
renchérissant le service de la dette et rendant plus difficile
leur redressement.
Les remèdes ont été classiques,
nous en avions déjà donné une liste l'an dernier
: réduction des coûts, y compris salariaux (22 000
départs d'ici à 2005 à France Télécom,
mais l'affaire est difficile compte tenu du statut des fonctionnaires
de l'entreprise; Deutsche Telekom supprimera pour sa part 30 000
emplois d'ici à 2005) ; élaga-ge des " branches
mortes " (en particulier les licences UMTS marginales, les
participations dans les médias) et vente des
" bijoux de famille "; enfin restructuration financière
avec recapitalisation (mais il ne faut pas ruiner les petits porteurs
).
Naturellement, cela s'est aussi fait en changeant les hommes. En
2001, British Telecom avait renouvelé son équipe dirigeante.
En 2002, Michel Bon a été remplacé par Thierry
Breton à France Télécom et Ron Sommer par Kai-Uwe
Ricke à Deutsche Telekom.
Le film de l'année 2002 pour France
Telecom
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Mars
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Annonce
de 8,3 milliards d'euros de perte pour 2001; le bilan est
nettoyé de 10,2 milliards d'euros (MobilCom, NTL, Telecom
Argentina, Equant)
Projet
de Vente de 35 % de TDF sur la base d'une valorisation de
2,1 milliards d'euros ; la CDC en achète 20 %. Finalement,
la société sera cédée en majorité
en juillet pour 1,6 milliard d'euros à un consortium
(Charterhouse, CDC Ixix, Caisse des Dépôts)
Annonce
d'un accord provisoire avec MobilCom
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Juillet
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Vente du
solde de la participation dans STMicroelectronics (500 M€)
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Septembre
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Finalisation
de la vente de Stellat à Eutelsat (180 M€)
Le
gouvernement allemand amène 400 M€ à MobilCom
Annonce
de 12,2 milliards d'euros de perte au 1er semestre ; Démission
du PDG Michel Bon ; Thierry Breton lui succédera
30/9
Point bas du cours de l'action (6,94 €)
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Novembre
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Accord final
avec MobilCom
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Décembre
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Présentation
du plan Ambition FT 2005 ; remaniement de l'équipe
dirigeante ; France Télécom devrait afficher
entre 17 et 19 milliards d'euros de perte en 2002 ; l'Etat,
via l'établissement public ERAP apportera jusqu'à
9 milliards d'euros d'avance d'actionnaire et se déclare
prêt à perdre la majorité ; la Commission
européenne annonce qu'elle va lancer une enquête
Vente
du câblo-opérateur néerlandais Casema
à Carlyle et Providence pour 700 M€ ; retrait
d'Orange de la Suède
Cours de l'action en fin d'année : 16,68 €
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Worldcom et Global Crossing
Les télécommunications américaines
ont été durement éprouvées en 2002.
En janvier, Global Crossing doit déposer son bilan, démarche
suivie par plusieurs autres entreprises. Cette série de faillites
record est bientôt relativisée quand l'opérateur
régional Qwest traverse des turbulences (mauvaise situation
financière, fraudes comptables et soupçons de malversations
des dirigeants).
Mais le pire était à venir avec
Worldcom dont le cas est, heureusement, à part. Là
nous avons affaire à une fraude massive dont le montant définitif
n'est pas encore connu début 2003. En novembre 2002, les
malversations étaient estimées à plus de 9
milliards de dollars. L'affaire débute presque banalement
par de mauvais résultats financiers, suivis des mesures habituelles
(emplois supprimés, diminution de la dette colossale de 41
milliards de dollars à comparer à environ 35 milliards
de dollars de chiffre d'affaires). La SEC entame alors une enquête
qui fait apparaître à la fois des irrégularités
comptables et des prêts de la société à
son PDG et créateur Bernie Ebbers. L'ampleur des découvertes
faites (doubles facturations, surestimation des actifs, déclarés
pour 107 milliards de dollars mais sans doute pas supérieurs
à 15
) conduit ce dernier à démissionner
fin avril 2002 et plusieurs responsables financiers sont mis en
examen et écroués. 
Grandeur et décadence de MCI Worldcom
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1983
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Création
de LDDS à Clinton (Mississippi) par Bernie Ebbers |
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1995
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1995
Absorption d'UUNet |
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1996
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1996
Absorption de MFS (12 Milliards de dollars) |
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1997
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Rachat (en actions, pour 42 milliards de dollars) de MCI (qui
avait failli se marier à BT) |
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1999
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1999 Projet de fusion avec Sprint, qui capotera à cause
du refus opposé par les autorités en Europe et
aux Etats-Unis |
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2002
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Dépôt
de bilan et démission de Bernie Ebbers |
Compte tenu de l'importance de Worldcom pour le
pays, la société échappe à la liquidation
: un accord de refinancement a été recherché
et la SEC, le gendarme boursier, renoncerait à des poursuites
judiciaires en contrepartie d'une amende record, certaine-ment supérieure
à 7 milliards de dollars. Le gouvernement américain
renouvelle aussi ses contrats avec le groupe. De plus Michael Capellas,
ancien PDG de Compaq, a quitté HP après la fusion
des deux compagnies et devient PDG tandis que Rudy Giuliani, le
très respecté ancien maire de New York et héros
du 11/9/01 pourrait devenir président du conseil d'administration.
L'entreprise - au moins début 2003 - s'en sort relativement
bien alors qu'elle a généré, avec Enron, l'un
des principaux scandales de la décennie.
Il reste à dire un mot de Global Crossing,
opérateur longue distance emblématique de la phase
de déréglementation, basé aux Bermudes mais
actif en particulier aux USA et en Asie. La firme a été
créée en 1997, a racheté Frontier en 1999 et
a failli reprendre la Baby Bell US West (finalement avalée
par Qwest). L'entreprise a crû trop vite et la crise de surcapacité
dans les backbones l'a assommée. Global Crossing a déposé
son bilan en janvier 2003, comme beaucoup d'autres. Sa dette était
de 12,4 milliards de dollars et ses pertes cumulées sur 5
ans de 7 milliards de dollars. L'entreprise ne risquait pas la liquidation,
plusieurs investisseurs s'étant manifestés pour la
reprendre. En particulier, Asia Global Crossing devrait échoir
à un consortium incluant China Netcom. On a découvert
dans l'année combien le management de l'entreprise avait
su profiter de la situation personnellement : le fondateur Gary
Winnick aurait vendu pour 735 M$ d'actions avant l'annonce du dépôt
de bilan et il aurait obtenu des prêts personnels exorbitants.
En décembre 2002, Gary Winnick devait démissionner.
Vivendi-Universal (VU)
Dans le monde des médias, VU tient une place
à part. C'est un conglomérat aux multiples activités,
de l'eau aux jeux vidéo, que Jean-Marie Messier avait l'ambition
de recentrer sur les médias et les télécoms
dans une pure stratégie de convergence. L'entregent, voire
la mégalomanie du dirigeant (on se souvient qu'il ne riait
qu'à moitié de son surnom J6M, Jean-Marie Messier
Moi-Même Maître du Monde) avaient dans un premier temps
fait merveille avec l'acquisition d'Universal.
Les problèmes ont commencé avec
Canal Plus, fleuron historique du groupe. L'adaptation de la chaîne
Canal Plus à la nouvelle donne, très concurrentielle,
des chaînes " premium " s'est révélée
difficile : inflation des droits sportifs, cannibalisation par le
bouquet maison CanalSatellite et son concurrent TPS, usure d'une
formule de programmation longtemps gagnante. Déjà
en 2001, Canal Plus avait perdu 70 000 abonnés. De plus le
groupe Canal, devenu européen depuis plusieurs années,
avait des foyers de perte dont le plus important était le
bouquet italien Telepiu miné par le piratage et la concurrence
avec son homologue Stream.
Donc au printemps Jean-Marie Messier décide
de limoger le dirigeant historique de Canal Plus, Pierre Lescure.
Cette annonce est très mal reçue dans le groupe et
plus généralement dans les milieux de la communication
où Jean-Marie Messier était diabolisé depuis
sa sortie contre " l'exception culturelle " française.
Au contraire, Pierre Lescure était très respecté
tant personnellement que comme grand argentier du cinéma
français. Le remplacement de ce dernier par Xavier Couture
ne règle pour autant pas immédiatement les problèmes.
Le deuxième acte se joue quand les investisseurs
commencent à avoir des doutes sur la stratégie suivie
par Jean-Marie Messier. Au delà de Canal Plus, le groupe
peine à valoriser ses investissements dans Internet (dont
Vizzavi) et sa stratégie américaine apparaît
trop ambitieuse. Une longue descente aux enfers sur le plan boursier
et médiatique s'ensuit, animée par les hésitations
du conseil d'adminis-tration divisé entre les opposants (dont
la famille Bronfman qui avait vendu Universal à Vivendi)
et les soutiens du PDG. Dans le même temps des soupçons
sur la régularité des comptes se font jour et déboucheront
sur des enquêtes de la COB et de la SEC. La situation ne s'améliorant
pas malgré diverses ventes d'actifs, l'issue est classique
: Jean-Marie Messier doit partir en juillet 2002 dans des conditions
peu glorieuses. 
Le film de l'année 2002 à
Vivendi Universal (VU)
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février
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Le bouquet
italien de VU, Telepiu, va racheter son concurrent Stream ;
l'accord ne se fera pas (du moins, pas dans ce sens) |
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mars
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Canal
Plus attaque en justice la filiale NDS de NewsCorp (elle aurait
facilité le piratage des cartes à puce de terminaux
numériques ; la plainte sera retirée quand Canal
Plus vendra Telepiu à NewsCorp
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avril
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Départ
forcé de Pierre Lescure, dirigeant " historique
" de Canal Plus, remplacé par Xavier Couture (ex-TF1)
;
Finalisation de la vente de la presse professionnelle (70
magazines, 86 salons, presse et édition médicale)
à Cinven, Carlyle et Apax pour 1,2 milliard d'euros
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mai
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Mise des
comptes aux normes américaines : la perte du 1er trimestre
2002 monte à 17 milliards d'euros
Vente de la participation dans BSkyB
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juin
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Vente
de Telepiu à NewsCorp 893 M€
Décision de vente de 15 % de Vivendi Environnement
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juillet
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Démission
de Jean-Marie Messier, remplacé par Jean-René
Fourtou |
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août
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Vente
de Comareg, L'Express/L'Expansion pour 320 M€ à
la Socpresse |
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septembre
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VU
obtient des prêts bancaires pour 3 milliards d'euros Vente
de Canal Plus Technologies à Thomson 190 M€
Vente de Vizzavi à Vodafone 143 M€ |
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octobre
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Vente
de la partie européenne de VUP (Publishing) à
Lagardère 1,25 milliards d'euros VU devient majoritaire
dans UGC |
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novembre
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VU
émet 1 milliard d'euros d'obligations ; annonce son retrait
progressif total de Vivendi Environnement
Vente de l'éditeur américain Houghton Mifflin
à Bain et Lee pour 1,7 milliards d'euros |
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décembre
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Décision
de rachat des parts de BT dans Cegetel pour 4 milliards d'euros
Vente des actions détenues dans EchoStar 1 milliard d'euros |
Son successeur Jean-René Fourtou, venant
du chimiste Aventis, a une démarche en deux temps. Il met
d'abord en sûreté le groupe et lui évite un
dépôt de bilan en refinançant la dette, tout
en évitant soigneusement de s'avancer sur sa propre stratégie
industrielle, quitte à laisser les rumeurs se développer.
Cette stratégie sera dévoilée dans un deuxième
temps et se traduira par une série de ventes (l'édition,
la presse, Canal Plus Technologies, les bouquets satellites européens,
l'environnement, Vizzavi, une participation dans Echostar etc.)
qui doit totaliser 10 milliards d'euros en deux ans dont 5 milliards
en neuf mois. Le PSG, club de football mal en point et propriété
de Canal Plus, reste (provisoirement ?) dans le groupe qui est recentré
sur " l'entertainment " et les télécoms.
Le clou de ces actions est bien sûr la bataille
pour le contrôle de Cegetel dont Vivendi ne détenait
que 44 % des actions, le reste étant partagé entre
Vodafone, BT et SBC. BT voulant vendre ses parts, Vodafone a proposé
de les racheter ainsi que celles de Vivendi (ce dernier empochant
alors 6,8 milliards d'euros). Cette offre, très tentante
pour un Vivendi en mauvaise posture, a été refusée
par ce dernier qui a contré en réunissant 4 milliards
d'euros pour racheter lui-même les parts de BT. Dans le court
terme, c'est un excellent choix puisque SFR est devenu une "
vache à lait " et que les télécoms représentent
environ la moitié des résultats opérationnels
du groupe. Dans le long terme, il faudra choisir entre un développement
séparé des deux secteurs, ou un retour au pari sur
les synergies de la convergence " à la Messier ".
Dans un monde idéal, deux autres stratégies
auraient été possibles : la première dans laquelle
Vivendi aurait vendu Cegetel et conservé les activités
de presse et d'édition pour garder une cohérence classique
dans les grands groupes de médias. Une autre possibilité
est également temporairement apparue quand le richissime
américain Martin Davis a offert 20 milliards de dollars à
Vivendi pour racheter ses activités aux USA.
Début 2003, les ennuis ne sont pas finis
pour Vivendi qui doit régler les relations qu'il entretient
avec son allié américain Barry Diller (USA Network)
et restructurer Canal Plus pour lui rendre une rentabilité
durable. Enfin la vente de l'édition à Lagardère
doit encore être approuvée par les autorités
de la concurrence.
Kirch
La déconfiture de Kirch porte sur une entreprise
de moindre taille que les précédentes, mais sa portée
politique a été considérable. Kirch avait constitué
un empire qui comprenait des chaînes de télévision
(ProSieben, l'offre numérique Premiere), mais surtout un
énorme catalogue de droits audiovisuels, y compris sportifs,
dont la Coupe du monde de football et la Formule Un. L'entreprise
était depuis longtemps en mauvaise santé financière
principalement à cause de Premiere. La situation a tellement
empiré que début 2002 NewsCorp, actionnaire minoritaire
de Premiere, a décidé de jeter l'éponge. Face
à un endettement très important (peut-être de
l'ordre de 8,5 milliards d'euros) et à des pertes d'exploitation
considérables (2 millions d'euros par jour pour Premiere
!), le groupe est entré dans une spirale descendante qui
a conduit à l'éviction du fondateur, Leo Kirch, et
finalement à une série de dépôts de bilan
en avril 2002. L'unique solution apparue a été la
vente par appartements, qui sera réalisée par étapes
:· en juin, vente de la participation que Kirch détenait
dans le groupe d'édition Springer
en juillet, les banques créancières reprennent SLEC,
détenteur des droits audiovisuels de la Formule Un
en août, sept groupes (dont TF1/Saban, associés tardivement
à Mediaset, mais aussi des filiales de Sony, Viacom etc.)
se portent candidats au rachat de KirchMedia, le cur audiovisuel
du groupe ; fin 2002, il semble qu'un consortium comprenant le
groupe de magazines Bauer et HypoVereinsbank ait été
retenu ;
en octobre, Robert Louis-Dreyfus et Christian Jacobs rachètent
KirchSport - Leo Kirch était candidat mais ne l'a pas emporté.
La nouvelle société est baptisée Infront
Sports & Media.
Les enjeux politiques dans cette affaire étaient
considérables : Leo Kirch avait toujours soutenu et été
soutenu par la CSU bavaroise, le contrôle des médias
par le groupe était un sujet très sensible en année
électorale et il y avait 10 000 emplois en jeu dans la région
de Munich. Donc les solutions nationales ont été recherchées
avant tout. Ainsi, si Robert-Louis Dreyfus a pu racheter KirchSport,
c'est qu'il est très favorablement connu en Allemagne comme
ancien sauveur d'Adidas alors que Mediaset (Berlusconi) a été
écarté du rachat de KirchMedia. On dit même
qu'une réunion politique " au sommet " a eu lieu
autour du Chancelier Schröder pour traiter le cas Kirch. troisième
partie
Michel
BERNE |